Hausse des frais d’inscription pour les étudiant·e·s étrangers/étrangères : une mesure « inégalitaire et xénophobe »

Le bouleversement envisagé n’a pas fait grand bruit, autant que le rassemblement du jour. À peine une cinquantaine de personnes mobilisées place Louis Pasteur, dont peu d’universitaires. Pourtant, les enjeux étaient importants. « Depuis 2019, les frais d’inscription pour les seul·e·s étudiant·e·s dit·e·s extra-européen·ne·s sont passés de 170€ à 2 900€ en licence et de 250€ à 3 900€ en master » expose ainsi Clément Terrasson, au nom de la « CGT Salarié·e·s/Étudiant·e·s ». Une mesure « inégalitaire et xénophobe » juge-t-il, mais qui restait, sous l’égide des établissements qui disposaient de ce choix, peu appliquée. « Face au désengagement financier de l’État, ce n’est pas aussi simple et tranché. Mais, jusqu’alors, la majorité n’avait pas cédé » précise-t-il.

Sauf que dernièrement, le gouvernement entendait revenir sur la situation. Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace, souhaitant édicter un décret, avec, dès septembre prochain, une instauration d’office visant quelque 90% des effectifs concernés. Un horizon qu’il vient finalement de rectifier, visant 80% d’ici 2028. Sans satisfaire les protestataires, évidemment. « Outre l’instauration d’une préférence nationale inadmissible, il faut réfléchir aux effets. Besançon, c’est 25 000 apprenant·e·s dont 4 000 étrangers/étrangères non-communautaires. Un pan entier de la population, qui fait aussi la richesse d’une ville connue comme attractive, cosmopolite et ouverte ! » s’emporte le communiste Hasni Alem.

« Marocain, je suis arrivé ici il y a cinquante ans via la faculté. C’était plus simple avant dit-on, je ne crois pas. Mais quand même, nous n’en étions pas à ce niveau de restriction. Entre les contraintes administratives et les exigences pécuniaires, qui va pouvoir engager un cursus en France, à part la bourgeoisie des pays émergents ? C’est pour cela que je suis venu, bien que je m’attendais à ne pas voir grand monde. Mais ayant eu cette chance, il fallait pousser un cri du cœur » développe le poète Mustapha Kharmoudi. Si la protestation du jour n’a pas fait le plein, les syndicats présents indiquent qu’ils comptent bien mener la bataille. « Nous devons informer, convaincre, mobiliser, pour que cesse ce tri inique et consacrer une éducation sans distinction de nationalité  ».

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Illustration d’en-tête : Aperçu du rassemblement, le 12 mai 2026 place Louis Pasteur.