Après avoir relaté une affaire de VSS éclaboussant « les Écologistes » du Doubs, « le Ch’ni » désormais black-listé par leurs responsables

Si on pouvait penser que les attaques visant la presse indépendante était l’apanage du « RN » Jacques Ricciardetti ou du « LR » Ludovic Fagaut, il s’avère que l’état-major local « les Écologistes » n’est pas en reste quand il s’agit d’user de méthodes analogues. Le démontre ainsi la récente publication d’un dossier à propos de graves « violences sexistes et sexuelles » éclaboussant le parti, révélations qui se sont soldées par une éviction immédiate et brutale. L’aboutissement d’une ambiance en réalité délétère depuis déjà des mois, plusieurs voix ayant rapporté les campagnes internes de dénigrement opérées après avoir soulevé certains liens documentés avec des cercles racistes, antisémites et LGBT+phobes.
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Ce vendredi 22 mai, nous révélions les intrigues d’une affaire qui a manqué de secouer « les Écologistes » du Doubs. Si les faits remontent à 2024, la couverture opérée par « Reporterre » le 12 mai 2025 s’était finalement invitée durant le scrutin des municipales de 2026. Bien que de manière très discrète, un véritable « verrou » limitant – un temps – la portée de ces éléments. Mais, alors que la majorité sortante a été balayée à la sortie des urnes, plusieurs petites mains persistaient à exprimer « leur malaise » concernant le traitement de ce cas. Entre réflexions post-électorales et engagements sur les « violences sexistes et sexuelles », c’est cette parole que nous avons décidé de mettre en lumière afin d’éclairer le lectorat sur ce thème sociétal majeur.

Au préalable, comme d’usage dans le métier, nous avions bien sûr demandé quelle était la position des protagonistes en responsabilités, ici Anne Vignot, ex-maire et aujourd’hui conseillère municipale de Besançon, Dominique Voynet, députée de la deuxième circonscription du Doubs, Anthony Poulin, ex-adjoint désormais conseiller municipal de Besançon et assistant parlementaire de Dominique Voynet, ainsi que Cécile Prudhomme, référente presse au cabinet de l’ancienne maire, maintenant affectée aux élu·e·s. Un texte nous a alors été adressé sur l’adresse personnelle du journaliste en charge, explications qui ont été intégralement reprises. Insuffisant, semble-t-il. Car notre enquête publiée et les intéressé·e·s averti·e·s, leur réponse ne s’est pas faite attendre.
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Détail des échanges engagés entre « le Ch’ni » et Cécile Prudhomme.

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« Nos retours??? Cet article est malhonnete. C’est quoi ton but serieux??? » (sic) assène Cécile Prudhomme, le lendemain à 08h27. Une assertion qui provoque la réplique de son interlocuteur dans l’après-midi, par ces mots tout aussi francs : « Bonjour, tu peux me dire exactement sur quel point cet article serait ‘malhonnête’ et pourquoi ainsi questionner ‘[m]on but’ ? Je relate des faits, point barre. Que ceux-ci ne soient pas glorieux, c’est une évidence. Pour autant, je ne vais certainement pas mettre à la poubelle les éléments et témoignages parfaitement tangibles et pertinents pcq sa pourrait toucher à l’image et l’égo des écologistes. Il y a des gens qui ont pu être légitimement heurté-e-s de cette situation et ont souhaité l’exprimer, ielles ont le droit ? ‘Sérieux’ ».

Si l’experte en relations publiques ne donnera pas de détails sur ses reproches, en revanche elle expulsera le reporter du groupe « What’sApp », jadis titré « presse campagne municipale Anne Vignot », devenu « presse locale / elus ecolos ». Stupéfaite par ces exactions, notre rédaction s’est résolue à mettre ces pratiques sur la table. Non sans avertir les indélicat·e·s, par un courrier électronique reçu hier matin : « Que vous ne soyez potentiellement pas satisfait-e-s de notre traitement, c’est une chose. Mais, opérer des mesures de rétorsions, de représailles et d’intimidations, à l’égard d’un média dont le seul tort est de vous avoir déplu, constitue une aberration et, il faut le dire, un dérapage décevant, de la part d’une organisation qui se prétend attachée à la liberté de la presse ».

Avant d’achever, avec détermination : « Évidemment, nous n’entendons pas céder à ce genre de pression sous toutes formes, d’où qu’elles viennent et quelles que soient leurs prétendues justifications. Au-delà d’un signalement aux instances professionnelles compétentes, nous ne manquerons pas de dénoncer ces prochains jours et publiquement cet ensemble que nous qualifions d’attaque absolument rédhibitoire ». Si la complainte a bien été réceptionnée, elle ne connaitra pas de suites. Une inconduite déplorable et révoltante, alors même que « les Écologistes » écrivaient dans un communiqué du 24 novembre 2024 que « la presse libre et indépendante est un pilier fondamental de la démocratie ». Une valeur déclamée à l’envi, à condition de ne pas égratigner ce beau monde.
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Éviction du groupe de presse des élu·e·s écologistes.

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Contre la presse indépendante, des réflexes devenus la norme
Ce n’est pas la première fois que des « couacs » surgissent entre « le Ch’ni » et « les Écologistes », celleux-ci étant très sensibles à leur propre estime. Ainsi, après un portait consacré le 30 juillet 2024 à Dominique Voynet, suivant son élection comme députée, questionnant son passif, c’est Anthony Poulin, son suppléant et assistant, qui, le 9 août suivant, profitait de la présence de notre journaliste à un évènement pour lui exprimer, au nom de la « famille écolo », un vif mécontentement sur le fait d’avoir mentionné la séquence de l’intéressée à l’occasion du procès de Denis Baupin. Un échange alors courtois, bien que l’agacement était déjà palpable. Mais, progressivement, les réserves vont évoluer en attaques plus lourdes.

Avec les polémiques visant le « collectif Palestine » à l’été 2024, les éléments recueillis par « le Ch’ni » vont ainsi être débattus dans une boucle « What’sApp » dédiée aux sympathisant·e·s du « Nouveau Front Populaire » de la seconde circonscription du Doubs. Un article paru le 22 octobre, partagé le surlendemain par une adhérente, est alors supprimé par Manon Silvant, attachée parlementaire de Dominique Voynet et figure de « SOS Loue et rivières comtoises ». Demandant des explications sur ce retrait, l’internaute est éjectée manu-militari du canal, car jugée véhémente par Dominique Voynet, Anne Vignot alors maire et Philippe Chatelain, co-secrétaire régional. Non sans que d’autres ne s’émeuvent de cette décision, vue comme arbitraire.

L’échange se soldera par un long énoncé d’Anthony Poulin quant à ce qu’il qualifie « [d’]article » (avec les guillemets), stipulant : « […] Nous regrettons amèrement de voir certains utiliser toute occasion pour diviser les forces et saboter le collectif alors que plus que jamais nous devons dédier solidairement notre énergie à la défense du peuple palestinien […] ». S’il consent à reconnaître quelques problématiques sans jamais nommer explicitement les multiples manquements racistes, antisémites ou LGBT+phobes dont il est question, il répète que ces faits seraient strictement limités car personnels, isolés, anciens, insignifiants et soldés. Une ligne récitée collégialement malgré les évidences, en opposition à quiconque serait pris·e d’un doute.

Sollicitée par nos soins sur cette « tolérance » en marge d’un hommage le 7 octobre 2025 esplanade des Droits Humains, Anne Vignot ne trouvera rien à y redire et rétorquera que « nous la fatiguons avec ces histoires ». Philippe Chatelain, volant à son secours, ne sera pas plus ouvert, allant même jusqu’à taxer ces forfaits de « points de détail ». Quelques jours plus tard, l’explosion de l’affaire Mustafa Çakici et de nouvelles investigations par « le Ch’ni » achèveront de dépeindre l’envers des arrières-boutiques qui étaient – et sont encore – à l’œuvre. Mais toujours pas de quoi arracher un mea-culpa aux « Écologistes », même après que ces alliances avec des forces marquées à l’extrême droite aient été épinglées dans des médias de référence.

Au contraire, les plumes qui ont révélé la situation seront d’autant plus ciblées. Notamment par l’intrigue de Gérard Mamet, figure historique du parti, compère de Dominique Voynet au temps du « Grand Canal », ex-conseiller d’Ornans et fondateur de « SOS Loue et rivières comtoises ». Dans un courrier daté du 14 janvier 2025 déniant toute faute chez ses camarades aux propensions antisémites, il livrait l’état-civil de notre correspondant en le renvoyant aux positions de Benyamin Netanyahou. Doxing et calomnies qui feront d’ailleurs émerger des menaces de mort. Sa logorrhée se renouvellera ultérieurement, dont le 31 janvier 2026 place du Huit-Septembre lorsque le retraité hurlera devant témoins « toi t’es un agent payé par le Mossad ! ».

Une énième invective rapportée le 27 février 2026 à Cécile Prudhomme au local de la liste « Besançon Vivante, Juste et Humaine », qui se contentera alors de « gourmander » ce harcèlement conspirationniste repeint en « l’humeur un peu excessive d’un homme âgé ». Une mansuétude singulière alors qu’en parallèle, les hauts-cadres de l’équipe exigeaient une rupture sans concessions avec « le Ch’ni ». Ce qu’affirmeront trois membres de la liste émanant de différentes sensibilités, précisant qu’avec la chronique sur la numéro trois d’Anne Vignot le 20 février 2026, consigne avait été donnée « d’instaurer une invisibilisation avec l’interdiction pour chacun·e des partenaires de liker ou partager les contenus sur les réseaux sociaux ».

Confrontées le 8 mars dernier place Granvelle, Anne Vignot et Cécile Prudhomme nieront tout commandement interne. Depuis, les ancrages sulfureux demeurent à l’ordre du jour. D’une levée de drapeau le 24 juin 2025 en compagnie de cette mouvance, à un rassemblement relatif au procès contre « Némésis » annoncé vendredi prochain, avec « Palestine Amitié » dans les tout premiers signataires… Association qui continue de fédérer les « brebis galeuses », dont un certain Khaled Ben M’Barek justement condamné pour ses propos qui défendaient le groupuscule identitaire. Si « les Écologistes » n’ont pas de souplesse lorsque des voix libres s’expriment à leur sujet, ielles n’en manquent assurément pas quant à leurs valeurs et compagnonnages.

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Illustration d’en-tête : Réunion de la liste « Besançon Vivante, Juste et Humaine » le 27 février 2026 au local de campagne, avec divers·e·s colistiers/colistières. Au centre, figurent les écologistes Anne Vignot et Anthony Poulin.