Le député Laurent Croizier pour la « présomption de légitime défense » des policiers
Mardi 7 juillet 2026, alors que se jouait encore l’avenir politique de Marine Le Pen après sa condamnation en appel dans l’affaire des assistants parlementaires, un autre épisode politique s’est déroulé à Paris, dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. La proposition de loi pour la « présomption de légitime défense » pour les policiers a été adoptée sans passer par l’examen du texte. En effet, le gouvernement a déclenché l’article 44 de la Constitution, permettant cette « accélération ». De son côté, le député « MoDem » de la première circonscription du Doubs a voté pour cette loi.
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« Jamais je ne laisserai ‘la France insoumise’ déverser sa haine pour la police dans l’hémicycle sans réagir […]. Je voudrais saluer ici l’engagement de nos forces de l’ordre, saluer la raison pour laquelle ils sont tous les jours dans nos rues, pour protéger la population, pour assurer la sécurité des français, souvent au péril de leur vie ». Par ces mots consultables sur ses réseaux sociaux et sur son blog, le député centriste de la première circonscription du Doubs, Laurent Croizier, a exprimé son soutien à la proposition de loi relative à la « présomption de légitime défense » pour les policiers votée à l’Assemblée nationale, ce mardi 7 juillet.
De son côté, « LFI » à Besançon n’a pas tardé à réagir. Étant directement pointé·e·s du doigt par le député centriste, iels ont ainsi réagi dans un communiqué de presse : « La macronie reprend donc à son compte une mesure revendiquée de longue date par Le Pen père et par le syndicat factieux Alliance », est-il d’abord écrit. Au parti de gauche d’ajouter : « Cette loi est un permis de tuer. Elle est une nouvelle attaque alarmante contre l’État de droit en créant les conditions d’une impunité accrue pour les violences policières et en mettant en danger celles et ceux qui en sont déjà les premières victimes : classes populaires, personnes racisées, militant·e·s en lutte ».
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Une « alliance honteuse de la macronie avec l’extrême droite »
Toujours dans son communiqué de presse, « LFI » dénonce le fait que « le vote du député Laurent Croizier […] entérine encore un peu plus l’alliance honteuse de la macronie avec l’extrême droite ». Dans le détail des votes de la proposition de loi, le texte a été approuvé par une majorité importante de député·e·s du socle gouvernemental (« Ensemble pour la République », « Les Démocrates », « Horizons », « Droite républicaine ») ainsi que par les groupes de l’alliance « Rassemblement national-Union des droites pour la République ». À l’inverse, les groupes situés à gauche de l’échiquier politique (avec les « Insoumis », les « Socialistes », les « Écologistes », la « Gauche démocrate et républicaine ») s’y sont opposés de manière unanime.
Dans une note sur le réseau social « Facebook » le mardi 7 juillet, la députée écologiste Dominique Voynet revient sur le vote de la proposition de loi à l’Assemblée nationale. Elle écrit à propos de cette loi : « Ce vieux projet, qui date de Le Pen père, a été inscrit par le groupe ‘LR’ dans sa ‘niche’ annuelle et repris à son compte par le Gouvernement, illustrant une proximité idéologique préoccupante entre l’extrême droite, la droite et le centre ». Une réalité que Laurent Croizier ne peut méconnaitre, sa circonscription comportant le quartier de Planoise, régulièrement pointé du doigt par son camp politique pour ses débordements et dans lequel l’action de la police est particulièrement dense, et décriée.
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La pétition contre la loi bientôt à l’Assemblée ?
En parallèle, une pétition « contre la présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre », a été lancée le 26 juin dernier. Depuis, elle a dépassé les cinq cent mille signatures, ouvrant ainsi la voie à une conférence des présidents de l’Assemblée nationale afin qu’ils puissent décider d’organiser ou pas un débat en séance publique sur cette loi.
Pour rappel, le 16 juillet prochain marquera la date des dix ans de la mort d’Adama Traoré à Persan, dans le Val-d’Oise. Interpellé et arrêté violemment par trois gendarmes, le jeune homme avait été placé dans la voiture des forces de l’ordre. Il s’était alors plaint de difficultés à respirer. Durant le trajet vers la gendarmerie, il avait perdu connaissance. Malgré l’intervention des secours, Adama Traoré mourait le 19 juillet 2016, le jour de son 24ème anniversaire ; cinq nuits de violences avaient eu lieu dans sa ville à la suite de l’annonce de son décès.
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Illustration d’en-tête : Laurent Croizier, le 7 juillet 2026 à l’Assemblée nationale – capture d’écran issue du blog de Laurent Croizier.
