Chez « les Écologistes » de Besançon, un réel don pour recycler les « brebis galeuses »
Courant 2024, une grave affaire de « violences sexistes et sexuelles » a secoué les instances comtoises du mouvement « les Écologistes ». Un dossier que la justice a classé sans suite dans des circonstances discutables, le parti s’en débarrassant dès lors d’autant plus vite. Si une omerta persiste encore à ce sujet, plusieurs partenaires s’étaient toutefois discrètement ému·e·s que l’auteur présumé ait été malgré tout admis lors des dernières élections municipales. Amenant « le Ch’ni » à évoquer la situation le 22 mai dernier, provoquant des représailles immédiates du clan concerné. Mais seulement quelques jours après nos premières révélations, il s’avère que le mis en cause s’est vu proposer un mandat pour les prochaines sénatoriales…
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« Les allégations les plus graves que nous ayons eu à traiter cette année-là »
C’est une affaire qui remonte au début de l’année 2024, quand un responsable écologiste est accusé de lourdes atteintes par sa compagne, également militante – imputations qu’il a toujours niées. Le magazine « Reporterre » y avait consacré une enquête en 2025, mais sans casser la chape de plomb instaurée, faute d’un récit qui n’était pas transposable à une antenne précise. Restait une « simple dispute qui avait un peu dégénéré » pour l’état-major devant les rares questions qui émergeaient, alimentant la gêne dans une « union de la gauche » menée par Anne Vignot – afin de garder la ville en 2026, en vain. « Il s’agit de manipulation, de soumission chimique, d’ecchymoses constatées. On ne peut pas le prendre à la légère, même si le parquet n’a pas poursuivi » s’étranglait un colistier.
« Heureux de poursuivre cette aventure à tes côtés pour faire avancer toujours plus loin l’écologie et la justice sociale. Ton énergie et tes idées sont précieuses et toujours appréciées au sein de l’équipe ! » proclamait, par exemple, a contrario, le pilier « écologiste » Anthony Poulin, dans une présentation du candidat, en dix-huitième position au premier tour. Car pour celui qui était alors également conseiller municipal de la majorité jusqu’en 2026, l’horizon ne sera pas entaché d’un iota. Si une exclusion se profilait avec « les allégations les plus graves que nous ayons eu à traiter cette année-là » dixit une membre de la cellule nationale dédiée, il avait coupé court en démissionnant de la « section jeunesse » (« les Jeunes Écologistes ») dont il était pourtant le co-coordinateur au niveau régional.
S’investissant aussitôt auprès du parti (« les Écologistes »), l’étude des mêmes pièces aboutit cette fois au refus d’ouvrir la moindre enquête interne. Le volet pénal est aussi rapidement expédié par un classement sans suite, alors que déjà 86% des plaintes pour violences sexuelles font l’objet d’une fin de non-recevoir. Officiellement blanchi, le jeune homme poursuivait donc sa carrière en rejoignant le cabinet d’une Dominique Voynet tout juste entrée en fonction. « Ielles se planquent derrière l’absence de condamnation, mais qui sait que la décision du Procureur est notamment intervenue avant l’analyse des examens médico-légaux ? Le traitement opéré est scandaleux, mais conforme à l’attitude de celleux qui étaient déjà de connivence avec Denis Baupin et Julien Bayou » s’emporte une source.
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Un « grand électeur », écarté in-extremis
Après notre publication le 22 mai dernier, certain·e·s osaient néanmoins rêver d’une éventuelle remise en question chez « les Écologistes ». Mais de messages incendiaires en black-listage contre « le Ch’ni », c’est peu dire que le mea-culpa est encore très loin. Mieux : deux semaines après nos premières révélations, la section locale tentait de recaser à nouveau son protégé pour les sénatoriales. Pas (encore ?) au palais du Luxembourg, mais en tant que « grand électeur ». En effet, tenant compte de la population de Besançon, l’opposition est en mesure d’avoir, en plus de ses élu·e·s, des délégué·e·s supplémentaires, toutes et tous ayant pour rôle de désigner un·e futur·e sénateur/sénatrice. Une fonction importante, qui rassemble quelque 162 000 lauréat·e·s dans le pays.
Dans la perspective d’une motion commune, toutes les sensibilités de gauche se sont ainsi retrouvées le 5 juin 2026. Le groupe « les Écologistes, Génération.s et Société Civile », composé d’Anthony Poulin, d’Anne Vignot, de Lydie Francart, de Jérémy Jeanvoine et de Laura Giniot, n’hésitant pas à proposer leur camarade sulfureux. Sollicité·e·s par courrier électronique, aucun·e représentant·e ne nous donnera signe de vie – sur ce point, ou tout autre (lire notre encadré). « On a découvert ça stupéfait·e·s, exigeant le retrait immédiat de son nom au risque de nous dissocier. Il nous a été rétorqué que la plainte avait été classée, qu’il n’allait pas payer sa vie entière pour ça, etc. On a maintenu notre position, jusqu’à obtenir satisfaction » nous confirment plusieurs voix de « la France Insoumise ».
Une énième manœuvre, qui en dit long sur le climat ambiant. Lequel persiste aussi grâce à un silence politico-médiatique presque total, que seul « le Ch’ni » a pour l’instant brisé. Illustration avec les pontes de « l’Est Républicain » – propriété du « Crédit Mutuel », qui, selon nos éléments, sont au courant de l’affaire depuis ses débuts, mais n’ont pas, jusqu’alors, jugé utile de l’aborder, préférant s’adonner à leur exercice favori, les interviews de complaisance. « Empêtrée dans son clientélisme plan-plan, la Presse Quotidienne Régionale ne prendra pas le risque de se mouiller » tranche un ex-encarté « les Écologistes » qui se dit « écœuré par ce silence ». Demeure alors la base éloignée des pouvoirs et magouilles, décrite comme « mal à l’aise depuis que cette histoire à fait surface ».
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Pour l’état-major, c’est désormais silence-radio
Dans un courrier électronique transmis le vendredi 10 juillet dernier, nous avons tenté de solliciter Anthony Poulin (conseiller municipal de Besançon et responsable du groupe « les Écologistes, Génération.s et Société Civile », conseiller communautaire de « Besançon Métropole », collaborateur parlementaire de Dominique Voynet, membre du bureau régional du parti), Anne Vignot (conseillère municipale de Besançon, conseillère communautaire de « Besançon Métropole », membre du bureau régional du parti), et Dominique Voynet (députée de la deuxième circonscription du Doubs, membre du bureau régional du parti). Exposant quels étaient nos éléments et achevant par trois questions assez simples, aucun·e ne se manifestera pour discuter leur tentative de placement en date du 5 juin, expliquer cette volonté intervenant seulement quelques jours après la parution d’un premier dossier, ou développer « quelle place accordez-vous aux luttes féministes au sein de votre organisation ? ».
Faute d’un retour plus précis sur cette intrigue, nous restituons donc à nouveau intégralement leur réponse collective livrée pour l’article du 22 mai : « Dès la prise de connaissance des éléments relatés, en février 2024, un signalement a été transmis au procureur de la République, ainsi qu’à la cellule de lutte contre les violences sexistes et sexuelles des Écologistes. À l’issue des auditions conduites par les services de police, le procureur de la République a prononcé un classement sans suite. De son côté, la cellule de lutte contre les violences sexistes et sexuelles des Écologistes a estimé que les éléments portés à sa connaissance ne justifiaient pas l’ouverture d’une procédure d’enquête. Dans l’attente de ces décisions, des mesures conservatoires avaient été mises en place à titre préventif, notamment un retrait temporaire des réunions et des instances de représentation. Ces mesures ont été conduites avec toute la discrétion nécessaire, afin de préserver la dignité des personnes concernées et de ne pas les exposer inutilement ».
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Boîte noire.
Sur le plan judiciaire, la plainte pénale déposée début 2024 à été clôturée par un « classement sans suite ». Une décision du Procureur de la République, considérant que l’enquête n’avait pas permis de recueillir suffisamment d’éléments de preuve pour des investigations complémentaires ou un renvoi devant un tribunal. Ce n’est toutefois pas une relaxe, a fortiori définitive, qui consacrerait, dans le cadre d’un débat contradictoire, la disculpation du mis en cause. Aussi, le dossier est susceptible d’être ré-ouvert, notamment par une constitution de partie civile ou l’intervention du ministère public en cas d’éléments nouveaux, dans un délais de six ans pour un délit, vingt ans concernant un crime, voire au-delà dans certaines conditions.
Si « le Ch’ni » se veut soucieux du respect des décisions actées et de la présomption d’innocence qui doivent être ici encore rappelées, ces préalables ne contreviennent en rien à un traitement juste et équilibré d’une information utile. La rédaction estime ainsi, dans ces conditions, qu’une affaire de « violences sexistes et sexuelles », visant d’autant plus une personnalité élue/mandatée, sa gestion/répercussion au sein des appareils politiques, ainsi que ses conséquences significatives et répétées dans divers processus électoraux récents, forment un sujet d’intérêt public majeur incontestable. Considérant toutefois le cadre procédural particulier précisé ci-avant, nous avons fait le choix de ne pas nommer explicitement le mis en cause.
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Illustration d’en-tête : Manifestation devant la projection du film « j’accuse » de Roman Polanski, le 23 novembre 2019 à Paris. Une femme brandit une pancarte, qui stipule : « Un viol toutes les sept minutes, 1 % condamnés… j’accuse » – Jeanne Menjoulet/cc-by-2.0.
