Ludovic Fagaut interdit la baignade, déjà prohibée… Sauf pour « Grandes Heures Nature »

Le 9 juin dernier, Ludovic Fagaut a signé un arrêté municipal interdisant la baignade, dans la rivière du Doubs, sur l’ensemble de la commune. Pourtant, cette interdiction était déjà en vigueur : la ville l’avait d’ailleurs rappelée quelques jours plus tôt sur les réseaux sociaux, précisant que « à Besançon, comme dans tout le département, la baignade est interdite en dehors des zones aménagées et surveillées ».

Alors, à quoi à bon interdire ce qui l’es déjà ? Une habitude peut-être, après l’arrêté contre la mendicité agressive, déjà illégale en pratique, avec un texte dont la portée s’est avérée bien plus large qu’annoncée ? Cette fois, aucune explication n’a été donnée au public. L’arrêté anti-baignade n’ayant pas fait l’objet d’une débauche de communication, comme nous y sommes désormais habitué·e·s.

En réalité, ce texte est presque un copier-coller de celui adopté en 2022 par l’ancienne maire « les Écologistes » Anne Vignot. La seule différence notable ? Les sauts dans la rivière depuis une embarcation sont désormais interdits… Alors qu’auparavant, seule la plongée depuis les ponts, les pontons, les ouvrages d’infrastructure ou les berges était prohibée. Tout ça pour ça ?

Aperçu du Doubs, au niveau de l’écluse de Casamène – JGS25/cc-by-4.0.

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Autre nouveauté : l’ajout d’un « considérant », c’est-à-dire les motifs justifiant l’interdiction. Et celui-ci est pour le moins surprenant. Selon le texte, « l’augmentation des périodes de fortes chaleurs qui incitent de nombreuses personnes à contrevenir aux interdictions de baignade », serait une raison de… Réitérer cette interdiction. Ne serait-il pas plus judicieux, justement en raison de ces canicules répétées, d’aménager un espace surveillé pour permettre aux Bisontin·e·s de se baigner en toute sécurité ?

D’ailleurs, la première justification avancée dans les deux arrêtés est que « les bains de rivière sur le territoire de la commune constituent un danger pour les personnes en raison des risques de pollution de l’eau ». Pourtant, Pont-de-Roide/Vermondans ouvre chaque été une zone de baignade dans les « eaux vivifiantes du Doubs », Paris fait de même dans la Seine, et de nombreux autres exemples existent en France, en Allemagne ou en Suisse. Ouvrir une telle zone à Besançon permettrait aussi, au passage, de mieux surveiller la qualité de l’eau.

Et si la baignade était vraiment dangereuse, comment expliquer que Ludovic Fagaut ait autorisé, quelques jours seulement après la signature de son arrêté, une « swimrun », une épreuve sportive dans le cadre de « Grandes heures Nature », combinant course à pied et natation sur quatre kilomètres dans le Doubs ? Alors, dangereux ou pas de nager dans la rivière ? Et pourquoi interdire aux habitant·e·s de « piquer une tête » pour se rafraîchir, si c’est sans risque pour les participant·e·s d’une compétition ?

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Illustration d’en-tête : Aperçu d’un panneau « baignade interdite » – Gallas73/CC BY-NC-SA 2.0.