Ludovic Fagaut, le diktat d’un certain ordre

Édito. L’opposition municipale défend ses positions en assemblée, elle est tancée voire censurée ; un cadre lepéniste débarque dans l’exécutif de la Métropole, il est conforté jusqu’à sa démission contrainte ; un square connaît des nuisances nocturnes, il est fermé par des chaînesune fête dédiée à l’éco-quartier de Planoise n’est pas « corporate » avec la nouvelle majorité, la voilà reportée sine die ; les mendiant·e·s tranchent avec l’image d’Épinal rêvée, ielles sont chassé·e·s par un arrêté signé façon Trump ; une conférence sur la Palestine déplaît, son interdiction est soutenue par un communiqué incendiaire ; une centaine de supporteurs/supportrices du « PSG » occupent les rues, leur répression aveugle est saluée ; deux palmiers sont déplacés par des critiques de la gabegie botanique, celleux-ci sont livré·e·s en pâture sur internet et visé·e·s par une plainte ; la baignade dans le Doubs est prohibée car jugée dangereuse, sauf pour une compétition sportive chère au maire

S’il n’est installé à la tête de la cité que depuis le 27 mars, Ludovic Fagaut enchaîne les coups de force en trois mois. Une liste d’actes déjà parlante, s’ajoutant à une série de critiques récurrentes à propos de ses connivences sulfureuses, ancrages réactionnaires et adhésions ultras, cumul des mandats, mise à sac des dispositifs sociaux, mélange des genres entre service public et intérêts personnels, propension au culte de la personnalité et autres virées militaristes. Mais, aussi, à une politique de fond, progressivement instaurée, qui, dans la même ligne, promet d’armer la police municipale et de multiplier la vidéosurveillance. Verticalité, arbitraire, autoritarisme, forment les mots qui reviennent le plus chez ses détracteurs/détractrices pour qualifier son début de mandat ; quant à ses soutiens, bien engagé·e·s sur le web, avec une bonne part de retraité·e·s et/ou de résident·e·s externes à la commune, tout semble, au contraire, conforme à ce pourquoi ielles ont voté.

Mais entre la campagne électorale et l’exercice du pouvoir, il y a parfois un fossé. La proposition-phare qui ne relevait pas de la sécurité a été rapidement abandonnée : exit le projet « d’Aréna » à la Grette, pourtant attendu par son électorat. Autre front symbolique, la polémique autour d’une fresque dédiée aux victimes de violences sexistes et sexuelles. Achevée ce mardi par le street-artiste Nacle dans un espace non-agréé, elle devait être effacée dans les heures suivantes au motif qu’elle n’avait pas été dûment déclarée/autorisée. Cependant, face au tollé général et à la mobilisation grandissante, le premier édile finira par rétropédaler, accordant un sursis à l’œuvre. Sur ce cas, bien des voix se sont, enfin, emportées contre la décision, qualifiée de « rigide ». Couac regrettable mais s’inscrivant dans une trajectoire toujours nécessaire, ou début d’un examen de conscience collectif sur les réalités d’une telle gouvernance ? Pour toutes et tous, il reste six ans afin d’y réfléchir. Au moins.

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Illustration d’en-tête : Dans le magasine municipal « Besançon Votre Ville » (BVV), on ne compte plus les photos, interviews ou éditos entièrement consacrés au génie de Ludovic Fagaut. Ici, un exemplaire du numéro 129 pour juin-juillet-août-septembre 2026.