Dominique Voynet, à la croisée des chemins
Édito. En pleine interrogation quant au traitement de leurs « violences sexistes et sexuelles », « les Écologistes » sont-ielles en proie à une improbable série statistique, une odieuse conspiration, ou bien des manquements plus profonds ? Au cœur de cette intrigue, trois cas édifiants passent désormais par Besançon et sa principale représentante : Dominique Voynet. À chaque fois, celle-ci a pris la défense des mis en cause, se rangeant derrière la présomption d’innocence puis l’intervention d’un classement. Une issue actée dans 94% des procédures pour viols, alors que 2% à 5% des plaintes sont qualifiées de « fallacieuses ». Un angle mort pénal bien arrangeant, permettant encore un immobilisme anachronique.
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Comme nous l’exposions après sa victoire aux élections législatives de 2024, le nom de Dominique Voynet reste d’abord étroitement associé à celui de son camarade Denis Baupin. Après avoir été conseiller politique de celle qui était alors ministre, il est élu député de Paris en 2012. Mais courant 2016, le militant écologiste est visé par un total de quatorze témoignages qui relatent des faits de harcèlement et/ou d’agressions sexuelles. Le volet judiciaire se solde néanmoins par un classement sans suites pour cause de prescription, malgré des charges « corroborées » et « susceptibles d’être qualifiés pénalement ». Il poursuit alors divers·e·s plaignantes et journalistes du chef de « diffamation publique », avec une audience le 4 février 2019 au tribunal de Paris.
Un procès tendu, qui voit Dominique Voynet à la barre pour déposer en faveur de Denis Baupin. Malgré les affirmations accablantes, dont celles de proches, elle l’a notamment décrit en « dragueur » marqué par la « culture soixante-huitarde ». Allant jusqu’à décrédibiliser le récit de certaines victimes, ses propos soulèvent même l’indignation quand elle déclare notamment : « [qu’il] aurait violé des handicapés ça n’aurait pas été plus grave dans les médias » ou « [qu’]on ne peut pas traiter de la même façon une caresse dans le cou et un viol sur une personne vulnérable ». Écartée de la campagne de Yannick Jadot et chahutée lors de sa nomination comme secrétaire de « Europe- Écologie/les Verts » Franche-Comté, fin 2022, elle oscillait timidement entre déni et remords.
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En parallèle, on la retrouve néanmoins investie sur l’affaire Julien Bayou, à l’époque secrétaire national du parti et coprésident du groupe parlementaire. L’attitude de cette figure montante est épinglée mi-2022 par plusieurs ex-relations, qui relèvent des « violences psychologiques », une « emprise sentimentale », un « mélange du professionnel et du privé » ou encore un « viol conjugal ». Une formation interne dédiée aux VSS et un cabinet externe spécialisé sont saisis, alors que deux procédures pénales sont lancées ; dans leurs décisions successives intervenant de 2023 à 2025, ces instances concluront en l’absence ou l’insuffisance d’éléments. Mais, entretemps, Dominique Voynet publiait une tribune, largement diffusée à partir du 10 avril 2024.
S’élevant contre des « dérives staliniennes » et « une chasse aux sorcières », elle fustige « l’existence de mécanismes de traque et d’espionnage » et « le fonctionnement opaque des cellules négligeant la présomption d’innocence ». C’est pile durant cette période qu’un cadre était lui aussi sur la sellette, cette fois à Besançon. Là encore, l’intéressé jure son innocence, considérant faire partie des 2% d’accusés à tort, ici par une compagne lui imputant – entre autres – de possibles soumissions chimiques. Mais si les « Jeunes Écologistes » étaient déterminé·e·s à l’exclure, « les Écologistes » comme le parquet ne trouveront pas matière à aller plus loin. Le dossier enterré, il devenait attaché parlementaire de Dominique Voynet dès son élection en juillet 2024…
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Interrogée le 10 juillet dernier pour savoir « quelle place accordez-vous aux luttes féministes au sein de votre organisation », nous n’aurons aucun retour de la députée du Doubs ou de ses soutiens. La question est pourtant loin d’être aussi rhétorique qu’elle n’y paraît, ne pouvant que souligner l’importante distorsion entre ce triptyque et les engagements du parti « les Écologistes » en général, et de Dominique Voynet en particulier. Le 17 avril 2025 par exemple, elle visitait les associations « CIDFF » et « Solidarité Femmes » en compagnie de Clémentine Autain… Cette dernière s’en réjouissant sur les réseaux sociaux, affirmant aussi « l’urgence absolue » qu’il faut pour passer « du blabla pseudo féministe aux actes : le pas doit être politiquement franchi ». Chiche ?
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Toufik-de-Planoise.
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Illustration d’en-tête : Dominique Voynet, alors candidate pour le « Nouveau Front Populaire » aux élections législatives de 2024, lors d’une rencontre à Besançon.
