Dénigrements collectifs, saillies racistes, incitation au meurtre… Bienvenue sur les réseaux sociaux de « l’Est Républicain »
Si la moindre réserve visant « l’Est Républicain » sur ses réseaux sociaux est parfois censurée dans la minute qui suit, il n’en est visiblement pas de même pour les opinions autrement plus graves. Alors que le média consacrait une brève aux difficultés spécifiques de la canicule sur le secteur Albrecht Dürer à Besançon-Planoise, un véritable déferlement de haine a été observé sur sa page « Facebook ». Aux attaques visant l’ensemble du quartier, certain·e·s internautes ont rapidement ajouté les brûlots racistes et rêves d’épuration de masse. Sans que la moindre régulation n’intervienne, laissant le champs libre aux assertions les plus violentes. Une situation loin d’être inédite, cette référence de la « presse quotidienne régionale » était régulièrement mise en cause sur ce point.
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Faudra-t-il que le journal soit traduit devant les tribunaux, pour que ses dirigeant·e·s prennent enfin la mesure de leurs responsabilités morales, éthiques, légales ? Comme nous l’exposions en 2025, les réactions qui garnissent une publication peuvent en effet engager son/sa propriétaire. Se profile alors un exercice de « modération », devant trancher – avec réactivité – entre liberté d’expression et violation des standards en vigueur. Mais, trop souvent, les principaux titres, qu’ils délèguent la besogne à des intermédiaires ou s’en chargent eux-mêmes, rechignent à la tâche. Y compris « l’Est Républicain », où les témoignages se multiplient en ce sens : « J’ai pratiquement mis deux jours à faire disparaître un commentaire clairement néonazi » se lamente ainsi un internaute.
Exemple d’échanges à l’été 2025, critiquant déjà lourdement la politique de modération à l’œuvre sur les pages « Facebook » de « l’Est Républicain ».
Cette critique n’est donc pas nouvelle, loin de là. Comme beaucoup l’ont d’ailleurs constaté, ce matin, à 08h30, avec la diffusion d’un sujet intitulé « ‘C’est infernal’ : à Planoise, la canicule accentue les problèmes d’insalubrité rue Dürer ». Très vite, les ignominies s’enchaînent par dizaines : « Ça fait d’avantage de rats [smiley] manger du melon …… » déclame ainsi Christophe Joly, qui provoque l’incrédulité d’un tiers dénonçant ces « propos abjects… et racistes » dont il réplique « et fière de l’être » (sic). D’autres, comme un anonyme, assène « Quartier à raser entièrement. Pour le bien de tous le monde », entraînant un débat sur l’avenir de ces habitant·e·s, que Gwenaelle Brouker, militante d’extrême droite fan du groupuscule « Némésis », fixe « à l’incinérateur, ça fait du nettoyage ».
Les exemples pourraient défiler, d’un post de Sandrine Choulet s’exclamant sur « Un quartier à rats ds tous les sens du terme » (sic), aux allusions de Michel Faivre qui s’enthousiasme d’une victoire lepéniste romancée en « J’en connais une qui a des chats pour 2027 ». Face à elleux, les protestations s’élèvent toutefois : « Wouha les commentaires racistes, c’est à vomir ! Pas de modération L’Est Républicain Besançon ? C’est acceptable à notre époque ? C’est marrant mes commentaires anti racistes sont supprimés mais pas les commentaires xénophobes … merci L’Est Républicain Besançon de faire le jeu du racisme ». Un geste aussi salutaire que vain face à l’inertie persistante, aucun contrôle n’étant intervenu, au moment où notre article sort, sept heures après les premières invectives.
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Illustration d’en-tête : Aperçu mobile de la publication « Facebook » de « l’Est Républicain » relative à l’article cité, sur fond d’un ancien numéro papier.



