Pour Frank Monneur, « l’invasion » migratoire est en marche
Si il était déjà connu pour ses pressions exercées à l’encontre d’élèves grévistes du lycée Louis Pasteur ou pour sa négation du terme de « génocide palestinien », Frank Monneur est surtout (re)devenu élu de la République depuis le 22 mars dernier. Après avoir été adjoint socialiste sous Jean-Louis Fousseret de 2001 à 2014, le professeur d’histoire-géographie avait tenté son aventure personnelle en tant que candidat indépendant, avant de passer par le « MRC » de Jean-Pierre Chevènement, les cercles macronistes de « Renaissance », puis de rejoindre la synergie du « Républicain »/« Nouvelle Énergie » Ludovic Fagaut. Aujourd’hui délégué municipal aux « musiques actuelles et pratiques culturelles » et treizième vice-président de métropole en charge de « la culture, de la grande bibliothèque, du Conservatoire à rayonnement régional et des écoles de musique », il ne rate jamais une occasion pour régler ses comptes avec les militant·e·s de gauche.
Vendredi dernier sur « Facebook », l’homme politique partageait également une vidéo et un texte visant la crise migratoire dans l’enclave coloniale de Ceuta. Un post public émanant de la secrétaire « les Républicains » Shannon Seban, imputant la situation au président espagnol Pedro Sánchez qui « menace toute l’Europe ». Un ton raccord avec ses opinions, comme sur les « Mineur·e·s Non-Accompagné·e·s » ou la « loi Darmanin ». Mais alors que des internautes taxent l’insertion de « démagogie » et de « fausse information », un autre va s’illustrer en balançant « cela s’appelle une invasion !!! [smiley colérique] ». L’œuvre de Thierry Silvand, policier de la Gare-d’Eau, à la tête de la « FPIP » avant de partir chez « Alternative », premier syndicat dont les cadres posaient des bombes contre les foyers « SONACOTRA » à la fin des années 1980. Une prose en finesse que n’a pas manqué de « liker » Frank Monneur, ou « approuver » selon la jurisprudence.
Hier, « Mediapart » documentait ce champ lexical xénophobe. Une propension symptomatique de l’extrême droite, qu’on retrouve localement à travers la porte-parole identitaire de « Némésis » selon qui cette « invasion » « peut/va bientôt arriver en France », le parlementaire « Rassemblement National » Antoine Villedieu qui exhorte à faire « face à la submersion migratoire » instaurée par la « politique irresponsable de Pedro Sánchez », ou la députée lepéniste Géraldine Grangier qui relaie l’analyse de ces « migrants nord-africains » qui « agressent », « pillent » et « violent ». Un club édifiant, désormais complété par Frank Monneur. Doit-on encore expliquer le caractère dégradant d’un tel qualificatif pour désigner des êtres humains dont une centaine a perdu la vie, qui ne constituent pas des nuées d’insectes ou des armées annexant un pays ? Une faute, pour une personnalité censée être un représentant de la nation et un passeur mémoriel averti de la jeunesse.
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Toufik-de-Planoise
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Illustration d’en-tête : Frank Monneur, en 2017 – capture d’écran « Facebook ».
