« Active Club » en Franche-Comté : Sport, combat et suprémacisme

L’histoire des « Active Clubs » commence en 2017 aux États-Unis d’Amérique, à travers son fondateur Robert Rundo. Celui-ci lance le « Rise Above Movement », organisation néonazie dédiée au combat, dont les fidèles s’étaient distingués lors des heurts de Charlottesville en 2017. Mise en cause pour « incitation à l’émeute » et « association de malfaiteurs », l’équipe dirigeante va abandonner la première structure au profit d’un réseau transnational décentralisé constitué de petits groupes locaux et autonomes. L’objectif est d’associer l’esprit, une idéologie néofasciste et suprématiste, au corps, par des entraînements aux arts martiaux, initiation au survivalisme, préparation paramilitaire, afin de mener des actions coordonnées à grande échelle ou initier/endurer une future guerre raciale prophétisée, le tout de manière souterraine pour ne pas éveiller la répression des autorités ou limiter les dégâts le cas échéant.

« Active Club Franche-Comté », publication « Instagram » de 2023. Neuf individus prennent la pose devant le Lion de Belfort, déployant leur étendard – capture d’écran.

.
Formalisée en décembre 2020, une première implantation de cet « Active Club » est relevée dès avril 2022 en France. Un pays particulièrement réceptif, puisque c’est celui qui compterait le plus grand nombre d’adeptes outre-Atlantique. On y retrouve des nationalistes-révolutionnaires, des identitaires et des royalistes, unis derrière un logo reprenant un heaume de chevalier sur fond de fleur de lys et de croix celtique. Une déclinaison régionale apparaît enfin courant 2023, même si elle reste en réalité assez balbutiante et limitée au nord du territoire. Puisant chez les membres et sympathisants du groupuscule « Vandal Besak », son animation propre va se résumer à quelques excursions et bastons planifiées avec des formations hooligans. Avec la suspension de deux militaires affectés à Belfort et les retombées de la descente de Romans-sur-Isère, un coup d’arrêt significatif est porté à la section, qui périclite à cette période.

« Active Club Revermont », publication « Instagram » du 22 avril 2026. Cinq individus se mettant en scène autour d’un sac de frappe, étendard et machines de musculations visibles – capture d’écran.

.
Un échec qui signe la fin de l’aventure ? Loin des risques de dissolution visant la maison-mère et dans une logique de pré-recrutement/radicalisation/formation d’un public plus jeune, leur intérêt demeure, d’autant plus que les espaces dédiés à l’extrême droite ne sont pas légion. Le 19 avril dernier, une page « Instagram » intitulée « Active Club Revermont/Bresse/Jura » voyait ainsi le jour. « Sport et nationalisme, jurassien rejoins les tiens ! » est-il proclamé ; en légende des photos où jusqu’à six gaillards prennent la pose derrière leur nouvel étendard ou face à un sac de frappe. Une zone géographique qui se superpose d’ailleurs à celle du « Maréchal », ferme identitaire active jusqu’en 2025 établie à Torpes, qui avait pour slogan « paysannerie – sport – culture » et proposait, notamment, une salle d’exercice. Mais une renaissance qui, selon nos recoupements, charrie peu ou prou les mêmes têtes qu’en 2023.
.

« Le Maréchal », « storie » publiée sur « Instagram » début 2023. Deux individus s’entraînant au « grappling », dans une salle pavoisée de symboles néofascistes et franquistes – capture d’écran.

.
Illustration d’en-tête : « Active Club Revermont », publication « Instagram » du 19 avril 2026. Six individus prennent la pose, déployant leur étendard – capture d’écran.