Gros·se·s et Vénères : collectif bisontin brûlant contre la grossophobie

La grossophobie désigne l’ensemble des discriminations, préjugés, stigmatisations et violences – explicites ou implicites – dirigées contre les personnes grosses.
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On en a gros sur la patate.
Et ça depuis un petit moment maintenant. Cette idée de collectif a pris forme petit à petit dans nos têtes, puis du jour au lendemain sur les réseaux suite à un débat houleux avec un étudiant en médecine, ou le propos restait le même : gros·se égal sédentaire égal maladie grave. 
C’est un lieu commun assez répandu, tellement répandu qu’il est dur d’avoir une activité physique en tant que gros·se, les salles de sport n’étant pas adaptées. 

Gros·se·s et Vénères, c’est un collectif qui veut se battre et créer des espaces doux. Gros·se·s car c’est une réappropriation de cet adjectif qualificatif qui a trop souvent été utilisé comme insulte, alors que ça n’en est pas une. Comme son nom l’indique, cela qualifie juste nos corps. 
Vénère car on veut tout brûler… Enfin juste le fascisme et le patriarcat !
La grossophobie s’est insérée dans nos vies il y a bien longtemps et aujourd’hui, ces attaques sont banalisées. 
On retrouve des agressions grossophobes petites ou grosses un peu tout le temps, on ne les voit même plus, elles nous blessent ou/et nous traumatisent.

La grossophobie médicale touche tout le monde dès qu’on franchit la porte d’un cabinet.
Nos diagnostics et notre santé sont substitués par un IMC (Indice de Masse Corporelle) et une balance. 
Nous demandons aux soignant·e·s d’être formé·e·s aux corps gros.
Nous ne considérons pas l’obésité comme une maladie en soit mais comme un facteur de risque. 
Donc, non à l’appellation « épidémie » ! 
Nous devrions avoir le droit d’être soigné·e·s, tout le temps et correctement sans vivre de violence. 
Nous sommes à l’intersection de plein de luttes. L’enjeu féministe qu’est la PMA nous concerne toustes. Aujourd’hui, il est difficile voire impossible d’accéder au parcours de PMA lorsque l’on est une personne diagnostiquée obèse morbide/ sévère. 
Mesurez donc l’effet que cela peut avoir.

Nous avons recueilli quelques témoignages depuis le lancement de Gros·se·s et Vénères. Parmi eux, ces quelques mots qui vous toucheront probablement :
« Chassez les calories sinon vous êtes mortes »

Quatre visuels :
1) une femme obèse a 8 fois moins de chances d'être embauchée qu'une femme mince
2) Ni oppression, ni jugement, écrit dans un cadre de flammes
3) Gros·se·s et vénères, écrit dans un cercle de flammes
4) - Des soirées fun en non mixité grosse
- Un carnet d'adresse de personnes dans le soin safe
- Et plein de choses qui viendront avec le temps
LE tout écrit dans un cadre de flammes
Aperçu du compte « Instagram » de gros·se·setveneres

Et maintenant, ce chiffre :
Neuf personnes grosses sur dix se font discriminer chez le médecin, d’après la revue Prescrire : c’est inacceptable. Nous voulons une formation anti-grossophobe pour tous les soignant·e·s, ce sera un plaisir de la proposer une fois que le collectif sera bien rodé.

La grossophobie ordinaire est vécue et perpétuée par tout le monde sans qu’on la remarque forcément. Les blagues, les représentations, les regards traversent nos corps gros en les stigmatisant. Nous demandons une réelle prise de conscience.
Performance et perfection sont deux mots qui nous viennent du capitalisme. Le culte du corps et le culte du bien-être viennent de là aussi. Nous sommes donc anticapitalistes.
Le violences commencent par des remarques qui viennent du cercle proche tel que la famille et les ami·e·s sur leur poids, le poids en général, la nourriture et les calories. Nous ne demandons pas à chaque individu d’être parfait, mais à la société de se remettre en question, car la banalisation de la grossophobie ordinaire mène à des attaques / agressions violentes. 
Par exemple : « grosse vache ! » dans la rue, des VSS (violences sexistes et sexuelles) dans la vie intime, des gros lynchages en public…

Comme pour toutes les formes de discriminations, les violences ordinaires / les petites violences sont à la base même d’une culture qui nous veut du mal, on parle ici de la culture des régimes (expliquée plus bas). 
C’est aussi d’aller dans un bar avec des ami·e·s et de ne pas trouver une assise à sa taille, d’avoir du mal l’hiver de trouver un manteau, de payer sa lingerie le double de prix, de galérer à trouver un travail car on nous voit comme fainéant·e·s. C’est une ribambelle de pensées intrusives qui nous ont été inculquées dès la plus tendre enfance, qu’on doit aller déconstruire chez le psy pour se reconstruire. 
Dans ce système grossophobe, parfois, le mécanisme de défense choisi est l’autodérision. Nombreux·se·s sont les gros·se·s qui ont déjà fait des blagues sur d’autres gros·se·s, sur elleux-mêmes. Surtout il ne faudrait pas s’aimer, « glorifier l’obésité » ou poster des photos de soi sur les réseaux sociaux, sinon les internautes s’emparent de la situation en laissant de mauvais commentaires. Comme si on romantisait une maladie grave, en s’aimant tout simplement. 

Pourquoi attendre que le monde change tout seul, sachant que dans la plupart des luttes de gauche, la grossophobie reste impensée ?

On nous a souvent dit : « plutôt mort·e que gros·se. »
On répond : plutôt se battre gros·se que de crever.

Pancarte "les fachos, on les mange" brandie lors d'une manifestation à Strasbourg
« Les Fachos, on les mange », à Strasbourg – Réalisation : GRASbuge

La montée du fascisme est claire pour beaucoup d’entre nous – elle nous veut du mal, elle veut nous effacer. Car on déborde, on dérange, on résiste.

NON à la culture des régimes : les règles et principes selon lesquels il faudrait tout contrôler (la nourriture et le sport). 
NON aux diktats de la beauté : le concept selon lequel un certain type de beauté serait supérieur et considéré. 
NON à la fétichisation de nos gros corps.
NON à l’hypersexualisation suivie de violences verbales ou physiques.

La grosseur, c’est un spectre qui va de petite grosse à super grosse.
Ce n’est pas un ressenti, mais bel et bien une réalité de vie.
Dans ce collectif, nous acceptons les allié·e·s pour certaines actions comme le collage.
Mais les rendez-vous entre personnes grosses sont d’une grande importance. Ces espaces sont nécessaires pour que les biais grossophobes soient amoindris. 
Grâce à @corpscools sur « Instagram », on peut savoir si l’on est gros·se ou pas : c’est en fonction de son niveau d’accès au monde.
Car oui, les questions d’accessibilité nous concernent énormément. Des escaliers aux toilettes, tout y passe. Pensez à ça pour vos prochains événements.

Tu souhaites créer des espaces bienveillants pour les personnes grosses ?
Tu veux placarder nos corps gros dans tout Besac ?
Tu es photographe ?
Tu as besoin de discuter ?
Tu as des vêtements grande taille que tu ne veux plus ?
Tu voudrais former les soignant·e·s ?

On a de la place pour tout le monde – et on déborde, et c’est très bien comme ça.

Gros.se.s et Vénères jusqu’au bout — parce qu’on ne veut plus s’excuser d’exister.
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Suis-nous et contacte-nous sur « Instagram » : @gros·se·setvenere ou par mail : Gros.se.setveneres@outlook.fr

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Illustration d’en-tête : l’affiche « un corps de rêve », de « fat friendly ».