À Besançon, trois monuments de la scène alternative sur la sellette

Aléas de la vie, les établissements vont et viennent… Mais parfois, ces disparitions sont lourdes de sens et de conséquences. Entre la librairie « Latulu » et la dernière droguerie/quincaillerie du centre, bien des exemples pouvaient être cités. Mais sans faire offense à ces sites, notre focus s’est porté ailleurs. Car ces dernières semaines à Besançon, trois autres lieux emblématiques ont annoncé mettre la clé sous la porte : « les Passagers du Zinc », « Hôp Hop Hop » ainsi que « l’Éphéméride ». À chaque fois, des références incontournables de la scène alternative et de la vie sociale de la cité. Clap définitif de fin, ou début d’une nouvelle ère ? Notre (modeste) tour d’horizon.
.

« Les Passagers du Zinc », café-concert repris en 2015. Initiée en 1997 au cœur du quartier Battant, cette institution était tenue par Méghane Schevènement – seule – depuis plus de dix ans. En avril dernier, nous lui consacrions d’ailleurs notre portrait du mois. L’endroit est surtout connu pour accueillir régulièrement des dates musicales et culturelles de la scène « underground ». Mais, ainsi que l’a expliqué sa patronne dans un message sur « Facebook », les difficultés financières étaient devenues beaucoup trop pesantes. Rideau devrait être baissé le 26 juillet prochain, mais une possible reprise est en cours de discussion pour la rentrée prochaine.

« Hôp Hop Hop », résidence et association lancée en 2017. Avec le départ de la faculté de médecine dans les Hauts-du-Chazal, restait un bâtiment vacant de 2 000 m² place Saint-Jacques. Une pépinière s’est constituée autour de cet espace, avec une soixantaine d’occupant·e·s (artistes, artisan·e·s, indépendant·e·s…) et autant d’activités (bar, recyclerie, ateliers, soirées, conférences, réunions…). Huit ans plus tard, l’aventure devait se terminer mi-septembre pour une réaffectation des locaux par le bailleur et la mairie. Mais un problème de réseau électrique ayant été rapporté, le couperet est tombé le 24 juin… Renaissance ou conclusion, affaire à suivre !

« L’Éphéméride », bar et événementiel ouvert en 2018. Géré par Sarah Fassot-Gauthier et Caroline Tessier, cet estaminet festif et branché de la place de la Révolution est lui aussi en pleine mutation. Car si les taulières sont encore loin d’être parties, elles envisagent de vendre après huit années d’exercice. Une période certes particulièrement exaltante, toutefois, le duo entend s’envoler pour de nouveaux horizons. Ainsi qu’il est exposé sur leur compte « Instagram », « On a mille envies et des projets plein la tête alors… on vous aime, mais on vous quitte ! Peut être ici, peut être ailleurs, surprise ». Pour l’avenir, la question sera donc : rupture ou continuité ?

.
Illustration d’en-tête : Vitrine de « L’Éphéméride », en 2020 – capture d’écran « Facebook ».