« Si j’vous revois ici, j’te casse la gueule »

Dérapage isolé d’un agent de sécurité privée, ou énième extension de la guerre aux « sans domicile fixe » déclarée par la municipalité ? C’est la question qui se pose, après que « le Ch’ni » a été sollicité par une habitante de Besançon. Le jeudi 4 juin à 19h00, cette riveraine passe à proximité du centre « Aldi » de la place Leclerc. Mais, alertée par des cris, elle dégaine son téléphone portable, filmant la sortie du magasin. Réalisant ainsi une prise édifiante de trente-cinq secondes, où on aperçoit un vigile, adjoint d’une salariée visiblement responsable du site, multiplier les hurlements et gestes martiaux à l’égard d’un homme, d’une femme et de leur petit chien, leur commandant de déguerpir. Bien que le trio reste placide et obtempère durant toute l’altercation, leur adversaire achèvera la saillie par une menace explicite : « Si j’vous revois ici, j’te casse la gueule ».


Extrait complet de la vidéo, transmise au média « le Ch’ni ». Afin de préserver les protagonistes et tiers·e·s, nous avons toutefois opéré un floutage.
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Je n’étais pas présente dix minutes avant, donc il m’est impossible de dire ce qu’il a pu se passer au préalable. En tous cas, quand ielles ont été chassé·e·s, ielles étaient simplement assis·e·s, à faire la manche, sans poser aucun problème, comme d’habitude. Et puis peu importe en fait, dans le cas où ielles avaient pu mal agir, on règle les choses dans le calme et la dignité, surtout quand on est du métier. Cette scène me choque, c’est pourquoi je veux la dénoncer » nous expose notre témoin. Difficile en effet d’analyser ce « pétage de plombs », bien loin des standards déontologiques en vigueur dont l’article R631-7 du code de la sécurité intérieure qui dispose clairement : « En toute circonstance, les acteurs de la sécurité privée s’interdisent d’agir contrairement à la probité, à l’honneur et à la dignité. Ils font preuve de discernement et d’humanité. Ils agissent avec professionnalisme ».

Quels furent les tenants et aboutissants exacts de cet incident, ces méthodes relèvent-elles d’une politique interne assumée, est-ce que le contexte local a pu jouer un rôle ? À ces interrogations, nous n’aurons aucune réponse, tant de l’enseigne allemande, sollicitée par courrier électronique le 11 juin, que de la société de gardiennage, contactée par le même biais dimanche dernier. Concernant les principaux protagonistes, il ne nous a pas été possible de les joindre avant la parution de cet article. Il s’agit d’un couple connu du quartier, comme nous l’explique un compagnon de galère : « Ielles étaient souvent là, jusqu’alors. C’est un spot tranquille, globalement ça se passe bien. Si j’ai bien compris, on leur reproche d’avoir essayé de prendre un sac cabas qui avait été laissé aux portes du supermarché. Ça ne me paraît pas très fondé, mais la sanction a donc été immédiate ».

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Illustration d’en-tête : Capture d’écran, extrait vidéo témoin.