Ludovic Fagaut, les réseaux de la haine
Édito. Quand il s’agit de tacler ses adversaires, Ludovic Fagaut, maire de Besançon, est très prompt à jouer au flic de la pensée. Après avoir traqué, dans la manifestation contre la « loi permis de tuer » du 19 septembre, deux modestes graffitis, puis inventé l’existence d’une prétendue banderole « un flic une balle » que personne d’autre que lui n’a vue, il n’a pas perdu une minute pour censurer une fresque murale contre les violences policières. C’est que l’édile martèle, inlassablement, à toutes les sauces, que « la liberté d’expression et la création artistique doivent être préservées [mais] supposent certaines limites ». Visiblement, celles que lui décide. Alors que l’intéressé se montre avide de blocages numériques contre celleux qu’il estime trop critique, il laisse prospérer, sur son « mur », injures ciblées, éloges des camps de concentration et appels aux exécutions sommaires.
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Si il ne lui faut que quelques minutes ou heures pour soutenir l’interdiction d’une conférence pro-palestinienne, entraver la parole de l’opposition municipale, se mettre en scène devant un tag afin de salir toute une mobilisation, recouvrir des œuvres qui lui déplaîsent, ou excommunier ses antagonistes du web – presse indépendante incluse, « Super Fagaut », selon la caricature du « Bisoncon », semble, en revanche, perdre ses pouvoirs magiques pour agir sur tout un spectre politique. Car, si il condamne officiellement, c’est peu dire qu’il n’a jamais mis la même énergie pour endiguer les discriminations qui s’inscrivent désormais au quotidien, comme les milliers de dégradations aux relents racistes, misogynes, LGBT+phobes, observées, depuis des mois, sur le mobilier de la ville, dont l’autrice, finalement gourmandée, n’a, à ce jour, pas stoppé ses activités délétères.
Sur les réseaux sociaux, même limonade. Le premier magistrat s’est récemment indigné que son image aurait été associée à celle d’Adolf Hitler, indiquant sa volonté de « déposer une série de plaintes ». Tout en tolérant, parallèlement, en réaction à ses publications personnelles, de nombreux commentaires parfaitement odieux. Exemple mardi dernier, sous une vidéo destinée à discréditer le cortège du samedi précédent, par l’annonce d’inscriptions sauvages réalisées en marge de celui-ci : « […] ce sont des ennemis de l’intérieur […] », « […] il faut enfermer les gauchiasses […] », « encore un marron », « il faut porter plainte contre cette gauchiasserie stalinienne. Ou : rouvrir les goulags pour leur montrer ! », « Un délinquant une rafale de mitraillette, et un coup de grâce dans la tête puis la priorité absolue réservée pour une crémation et les cendres dans les WC point », etc.
Un petit florilège, loin d’être exhaustif, encore accessible au moment où cet article est publié, trois à cinq jours après son apparition. L’échantillon d’un électorat radicalisé autant que de connivences assumées, mais qui interroge la charge juridique pesant sur Ludovic Fagaut. Ainsi que nous l’exposions déjà concernant la modération de « l’Est Républicain », l’édile, de facto directeur de la publication, est directement responsable des saillies nauséabondes qui fleurissent sur ses différentes pages. En 2021, un élu avait ainsi été condamné sur cette base, issue qui avait été confirmée par les instances successives, jusqu’à la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Le passage au tribunal reste incertain à Besançon, mais démonstration est faite que « Monsieur propre », très exigeant envers autrui, devrait peut-être, avant de donner des leçons, commencer par faire le ménage chez lui.
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Toufik-de-Planoise
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Illustration d’en-tête : Montage superposant la vidéo de Ludovic Fagaut qu’il a diffusé sur son compte « Facebook » personnel le 22 septembre dernier, à un échantillon de commentaires publiés et toujours présents sous cette publication – Crédit : Captures d’écran.
