À Besançon, plus de 1 000 manifestant·e·s contre la « loi permis de tuer »

Ce week-end dans une centaine de villes, le projet de « loi permis de tuer » mobilisait contre lui. Dans la capitale comtoise, ielles étaient ainsi environ 1 100 cette-après-midi selon les autorités. Car cette disposition prévoit de rendre tout usage d’une arme par la police comme « légitime », dispensant donc de l’ouverture automatique d’une enquête. « C’est une inversion totale du droit, car il va falloir démontrer l’existence d’une bavure pour engager des investigations. Or, on le sait, les premières heures sont déterminantes pour collecter des preuves et témoignages. Mais sans une vidéo flagrante par exemple, plus rien ne se passera. Impossible, pour les proches d’une personne tuée par un uniforme, de demander justice » analyse une membre de l’organisation.

Un sentiment globalement partagé sur place, notamment par les jeunes et familles qui ont fait le déplacement. « On devine bien la suite. Les quartiers prioritaires et les mouvements sociaux seront dans l’œil du cyclone, moi j’ai été aux gilets jaunes et j’ai déjà vu ce que ça a donné en Franche-Comté. Les critiques ont parfaitement raison de qualifier ça de permis de tuer, car c’est ce qu’il va se passer. N’importe quel·le flic pourra profiter d’une ruelle sombre ou d’une scène de brouhaha pour éliminer à vue, si en plus c’est un·e noir·e ou un·e arabe, ielle aura une médaille avec l’arrivée de Marine le Pen dans six mois. C’est une société autoritaire qui se dessine, sur le modèle des exécutions extra-judiciaires de l’ancien président philippin Rodrigo Duterte ! » s’emporte une habitante de Planoise.

Une quarantaine d’organisations locales étaient signataires de l’appel, surtout « issues de la société civile, des cercles anti-autoritaires/antifas et de la gauche alternative ». À l’exception de « la France Insoumise », du « Parti Communiste Français » et de « l’Après », les formations qui constituent l’opposition au conseil de Besançon, « les Écologistes » en tête, ont effet refusé de prendre position et de rejoindre cette marche. Laquelle ne devrait toutefois pas s’arrêter là, puisque les revendications comprenaient également une dénonciation de l’armement municipal. Une perspective qui vient juste d’être engagée par le maire « les Républicains »/« Nouvelle Énergie » Ludovic Fagaut, tenant une promesse de campagne qui devrait se muer en bras de fer.

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Nadwo
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Illustration d’en-tête : Aperçu du cortège, au niveau de la place Claude de Jouffroy d’Abbans – Crédit : Nadwo.