Ceija Stojka « Garder les yeux ouverts »
Hier soir au « musée des Beaux-Arts et d’Archéologie », était inaugurée une exposition dédiée aux œuvres de Ceija Stojka (1933-2013). Voix cruciale pour conter l’horreur des camps de concentration, dont elle fut rescapée, la peintre Rom et ses quelques mille toiles sont toutefois surtout reconnues de manière posthume. Une véritable fresque, reprenant ses « sentiments et souvenirs », dont le « Porajmos » ou « Samudaripen », c’est-à-dire le génocide anti-tsigane durant la Seconde Guerre mondiale. Sur la centaine de réalisations retenues, en partenariat avec le « musée de la Résistance et de la Déportation », une part importante est donc consacrée à cette période.
Un témoignage d’autant plus précieux que cette page de l’histoire reste encore aujourd’hui largement ignorée ou minorée, y compris au niveau local. Ce que n’élude pas l’exposé, qui rappelle en effet la réalité du centre d’internement que fut la saline royale d’Arc-et-Senans. Un épisode sur lequel « le Ch’ni » était revenu en 2024, avec le concours de Rémy Vienot, président de l’association « Espoir et Fraternité Tsiganes de Franche-Comté », qui, avec d’autres voyageurs/voyageuses, était parmi les premiers visiteurs. Son engagement salué dans le discours d’Anne Vignot, il se félicite qu’une institution culturelle notable puisse sublimer recherche artistique et soucis de la mémoire.
Exposition du 27 février au 21 septembre 2026.
Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie
(1 place de la Révolution, Besançon)
Infos pratiques et tarifs sur ce lien.
Illustration d’en-tête : Le militant des Droits Humains Rémy Vienot, contemplant un tableau de Ceija Stojka.
