En France, le Doubs pèse pour 1/5e des élu·e·s « Lutte Ouvrière » obtenu·e·s aux municipales
Engagée sur 243 communes avec plus de 11 000 candidat·e·s, « Lutte Ouvrière » était, de par sa présence, l’une des principales forces politiques en France pour ces élections municipales. Parfois regardées de haut, ses listes ont, au global, engrangé des scores relativement modestes à travers le pays, obtenant moins de 1% des suffrages totaux. Si à Besançon, le parti trotskyste double ses voix par rapport au précédent scrutin (1,93% soit 744 bulletins en 2026, contre 1,22% et 307 votes en 2020), il reste, en effet, loin de ses concurrent·e·s, notamment à gauche (A. Vignot/« UG » à 33,37 % et S. Véziès/« LFI » 10,90%). Peu importe pour ses tenant·e·s qui, plus que des places, espèrent surtout profiter du scrutin pour diffuser leurs idées. Mais, ailleurs dans le département, le « camp des travailleurs/travailleuses » est parvenu à se faire davantage entendre.
« Je salue mes 24 camarades élu·e·s dans des conseils municipaux ! », a annoncé, hier matin sur « Facebook », la porte-parole Nathalie Arthaud, qui a succédé en 2008 à l’emblématique Arlette Laguiller. Un chiffre a priori sobre, mais qui devient plus tangent dans le pays de Montbéliard. Car, dans ce bastion prolétaire, progressivement grignoté par l’extrême droite depuis les années 1980, ce ne sont pas moins de cinq conseillers/conseillères d’opposition qui y ont été élu·e·s au premier tour ! Il s’agit, à Hérimoncourt, de Mario Pesce et de Janine Zenoni (17,61%), à Audincourt, de Antony Rué et de Patricia Bouhelier (16,02%) et à Valentigney de Michel Treppo (7,91%). Sur Grand-Charmont, toujours dans le secteur, avec 94 approbations, Évelyne Abbot est au-dessus de 5% (6,22%), mais, soumise à un second tour, elle ne parviendra pas à s’imposer au-delà.
Alors qu’un cafouillage donnait le mouvement largement vainqueur à Sotteville-lès-Rouen, aucune erreur à déplorer cette fois-ci. Dans cette seule zone, « LO » concentre donc désormais plus du cinquième de ses représentant·e·s, faisant leur entrée dans les mairies de l’Hexagone. Une situation qui n’est, toutefois, pas totalement inédite, puisque, six ans plus tôt, à Grand-Charmont et Hérimoncourt, Christian Driano et Mario Pesce, déjà, obtenaient, respectivement, 12,59 % et 7,07% et un poste chacun. Avec, également, c’est assez rare pour le signaler, l’apparition d’une sociologie marquée, la totalité des protagonistes étant ou ayant été des ouvriers/ouvrières, souvent passé·e·s par « la Peuge ». Une caractéristique que l’organisation porte en étendard, disposant désormais en plus de mandats pour le développer jusque dans les instances officielles.
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Illustration d’en-tête : Aperçu de la liste municipale « Lutte Ouvrière » à Besançon, avec (de gauche à droite) Pascal Descamps, Olivier Millot, Nicole Friess (tête de liste), Brigitte Vuitton et François Fruitet.
