Au « Carrefour » de Besançon-Valentin, le journal « Rivarol » retiré des rayons
Alors qu’il déambulait dans les allées d’un supermarché de la capitale comtoise, le conseiller municipal d’opposition Hasni Alem est tombé sur des exemplaires du journal « Rivarol ». Un hebdomadaire fondé par un collaborationniste et repris par un catholique intégriste jurassien, qui a essuyé plusieurs dizaines de condamnations pénales pour ses écrits notamment antisémites, négrophobes, racistes, etc. S’il a perdu ses avantages relatifs aux aides à la presse en 2022 et qu’un nombre croissant de distributeurs ont cessé sa vente comme « Super U » Saint-Vit en 2024, le support reste toutefois accessible à ses abonné·e·s et aux rares commerces qui le tolèrent encore. De quoi faire bondir l’élu, stupéfait qu’on ait pu trouver un tel contenu dans un lieu grand public.
« Quand il s’agit d’incitations aussi nettes à la haine, je crois qu’il faut impérativement réagir pour qu’une telle propagande ne se retrouve plus dans notre quotidien. Avec la section du Parti Communiste Français, nous avons donc adressé une lettre ouverte à la direction de Carrefour Besançon-Valentin dès le 30 avril dernier afin de l’alerter. Laquelle a parfaitement compris la situation, en procédant au retrait immédiat de ce produit » nous explique l’intéressé. « Cette décision constitue un signal important face à la banalisation des discours racistes, antisémites et négationnistes », se félicite également le « PCF ». Cependant, s’il est loisible d’observer son lectorat local chez les franges « rouges-brunes », il est souvent plus compliqué, en revanche, de cibler les distributeurs.
D’autant plus que la question est loin de se limiter à une seule référence, ainsi que l’épisode « Transmania » le rappelle. « À chaque fois, il faut trouver un équilibre entre préservation de la liberté d’expression et respect de la dignité humaine. Nous sommes par exemple intervenu·e·s dans un bureau de tabac de l’hyper-centre, en janvier 2024. Sa vitrine exposait ‘la Furia’, qui berce désormais dans l’apologie d’Adolf Hitler. On a expliqué que ce n’était pas possible de magnifier ainsi des discours racistes, misogynes, LGBT+phobes. La revue a été foutue dans un coin le soir même, et n’est plus réapparue en tête de gondole depuis. C’est une victoire, bien qu’en demie-teinte. Voilà pourquoi les consommateurices doivent se mobiliser, si on veut définitivement virer ces horreurs » relate un antifa.
.
Illustration d’en-tête : Aperçu du journal « Rivarol » en mars 2025, dans un présentoir au sein d’un « Relais H » francilien – Christophe Prudhomme/« Twitter ».
