Pour Franck Bernard, les heures à la Métropole sont désormais comptées
Le 24 avril dernier, « le Ch’ni » publiait un dossier complet sur les activités numériques de Franck Bernard. Alors que l’intéressé devenait le premier référent d’extrême droite à gagner un poste dans l’exécutif du « Grand Besançon Métropole », celui-ci se voyait ainsi rattrapé par les multiples publications nauséabondes émanant de son compte « Facebook » officieux. Soutien au groupuscule identitaire « Némésis », relais de thèses racistes, propos dénigrant les élu·e·s de gauche, s’étant effectivement enchainés sous sa plume. Avec la reprise de ces éléments par « Mediapart » dans la journée d’hier, l’assemblée du jeudi 21 mai n’en a été que plus explosive sur son cas. Toutes étiquettes confondues, une volonté se dégageant sur un départ plus ou moins rapide.
L’identité derrière « Seven FK » ne faisait déjà plus aucun doute, tant le faisceau était accablant. Mais, aujourd’hui, au sein de la « chambre de commerce et d’industrie », Franck Bernard a fini par lâcher le morceau, en le reconnaissant. Tout en minimisant la portée des publications litigieuses, jurant aussi que celles-ci étaient en réalité émises dans un cadre privé. Ce que, évidemment, nous contredisons, la totalité des dérapages rapportés, de posts garnissant son profil en commentaires sur des pages d’actualité, ayant été émis dans l’espace public. Quoi qu’il en soit, gauche, centre et droite semblent, après des semaines de tensions sur le sujet, sur un consensus désormais clair : tôt ou tard, le seul représentant du « Rassemblement National » prendra la porte.
Entre les mots limpides de Laurent Croizier, la charge de Patrick Ayache, ou encore la confirmation d’un signalement au parquet par Ludovic Fagaut, le long temps d’échange s’est achevé sur la certitude que les choses n’en resteraient pas là. Car, même si il ne partait pas de lui-même, ses pairs lui ont clairement exprimé une nécessité de le destituer par tous les moyens. « Quand j’ai accédé à ces fonctions, ce fut un honneur pour moi. Mais aujourd’hui, je me sens éclaboussé. En conscience, on ne peut pas tolérer cela. Je le dis franchement et sans pression, si toutes les mesures ne devaient pas être prises, je présenterais ma démission » a, par exemple, expliqué Pascal Dériot, le maire de Thise. Message reçu par la majorité, qui indique vouloir trancher, mais posément.
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Comme Maxime Courché à propos d’affiches antisémites, le compte-rendu réalisé par Céline Mazeau pour « l’Est Républicain » – propriété de la multinationale bancaire « Crédit Mutuel » – omet volontairement de citer « le Ch’ni » comme étant à l’origine de ces révélations. Un manque d’éthique habituel de la part de cet organe, qui pille régulièrement les informations collectées par les confrères/consœurs de la presse indépendante sans avoir l’honnêteté d’en reconnaître la source. Une logique d’autant plus acharnée concernant notre média, que les intéressé·e·s sont souvent épinglé·e·s par nos soins et même condamné·e·s au pénal et au civil pour leurs atteintes répétées aux droits déontologiques et légaux de son fondateur.
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Illustration d’en-tête : Photographie publiée le 7 juin 2018 sur « Facebook », toujours accessible de manière restreinte. Le compte litigieux, nommé à l’époque « Seven Franck » est « tagué » avec des amis, laissant apparaître Franck Bernard, alors conseiller municipal de Chevroz depuis 2014, aisément reconnaissable (troisième personne par la gauche, non-floutée). C’est, notamment, ce cliché qui a permis une identification formelle du détenteur de ce compte – capture d’écran « Facebook » X.
