À Besançon, plus de 500 personnes rassemblées contre « l’arrêté anti-mendicité »

Suite à l’appel des représentant·e·s de l’opposition au conseil municipal et autres partis de la gauche bisontine, plus de 500 personnes se sont réunies ce lundi 1er juin sur la place Pasteur pour contester conter l’arrêté DSTP.26.00.A194, dit « arrêté anti-mendicité ».
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Entre prise de parole de l’opposition et micro ouvert, les dénonciations de la politique répressive de la mairie se sont enchaînées tout en évoquant les conséquences sociales catastrophiques de telles décisions. « C’est aussi compliqué pour nous, travailleuses et travailleurs sociaux, qui bossons avec les SDF, ça va les isoler encore plus. Mais surtout, ça va les éclater ailleurs dans Besançon, ça va rendre notre suivi et notre accompagnement encore plus difficile. Ça les éloignera aussi de la boutique Jeanne Antide, un bon moyen de recommencer les attaques pour sa fermeture » nous explique une personne sur place, avant de poursuivre « Encore une fois, l’objectif c’est de faire beau, ya qu’à regarder les dates de l’arrêté, couvrir la période touristique, mettre des fleurs partout, tout est dans le paraître, les humains ils s’en foutent ».

Dans une scénographie proche du trumpisme, Ludovic Fagaut, premier édile de Besançon, annonçait par voie de presse ce vendredi 29 mai la signature d’un arrêté visant à « lutter contre la mendicité agressive et les comportements liés à l’alcoolisation sur la voie publique ». Moins spectaculaire que la signature de l’arrêté interdisant les « regroupements nocturnes » au square Saint-Amour la nuit, il a néanmoins provoqué de vives réactions et une mobilisation rapide des habitant·e·s de la capitale comtoise. Actif depuis le 29 mai, sa mise en application avait questionné dès le premier jour avec un témoignage, rapporté au Ch’ni, sur le secteur de la gare Viotte alors qu’il n’était vraisemblablement pas concerné par l’arrêté.

Avec sa publication ce lundi 1er juin, il nous a été possible de le décortiquer, mais aussi de le comparer avec celui publié le 3 juillet 2018 par Jean-Louis Fousseret. Sur l’arrêté en lui-même, force est de constater qu’aucun article ne mentionne ni ne définit la « mendicité agressive ». De même, ce qui semble être la définition de la mendicité interroge : « L’occupation de manière prolongée en station debout, assise ou allongée des voies publiques par des individus seuls ou des regroupements de personnes, que cette occupation soit accompagnée ou non de sollicitations à l’égard des passants ». Seules les « nuisances sonores » des individus ou de leurs chiens sont clairement nommées, le reste demeure flou et sera à la libre appréciation des forces de l’ordre.

Malgré l’insistance de la question de l’alcool dans la communication municipale, cette dernière est aussi totalement absente des articles de l’arrêté, alors qu’il s’agissait de la première chose mentionnée dans l’arrêté de juillet 2018. Ce dernier, tout aussi flou que celui de son équivalent actuel, a d’autres points communs visibles concernant le périmètre d’application. Notamment dans la rue Champrond, où se trouve la boutique Jeanne Antide, accueil de jour pour les précaires et sans domicile fixe, un lieu régulièrement attaqué par le maire « Les Républicains ». Le nouvel arrêté s’étend aussi aux places Granvelle et de la Révolution, aux squares Bouchot et Saint-Amour, à la rue de la Madeleine et au passage Pierre Adrien Pâris, ainsi qu’à la zone commerciale de Châteaufarine, mais néglige le quai de Strasbourg.

Au final entre les deux arrêtés, peu de choses ont changé, si ce n’est que ce qui ressemble à une chasse aux pauvres s’étend à de nouveaux espaces de la ville. De plus, c’est encore une fois l’occupation prolongée sur les voies publiques qui est interdite, interrogeant sur l’interprétation qui sera faite, par ceux qui seront garants son application, d’un arrêté qui pourrait rapidement se transformer en hallali aux indésirables de la majorité. Reste enfin à voir si les recours juridiques annoncés aboutiront ou non.

Illustration d’en-tête : Rassemblement place Pasteur, une pancarte se dégage avec écrit : « Si nous les laissons faire bientôt les pauvres n’auront plus rien d’autre à manger que les riches ».