Festival Winnipeg à Besançon : l’art de la céramique au service des droits humains
À l’occasion du « mois de la latinité » et de la première édition du festival bisontin Winnipeg, une initiative portée notamment par l’association Pablo Neruda Siglo XXI, l’artiste chilienne Nanda Yasoda a animé un atelier de céramique auprès d’une quinzaine de stagiaires du « Centre de Linguistique Appliquée », ce jeudi 9 juillet 2026.
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« Installez-vous et surtout ne pensez qu’au moment présent », Nanda Yasoda lance ainsi l’atelier de céramique du jour. Présente dans la capitale comtoise depuis le 1er juillet pour une résidence artistique, elle a déjà mené plusieurs ateliers au centre Nelson Mandela un peu plus tôt dans la semaine auprès des habitant·e·s du quartier de Planoise. Ce jeudi, c’était au tour des stagiaires du « CLA » d’être initié·e·s. L’artiste est venue spécialement du Chili pour participer au festival Winnipeg.
Comme nous l’explique Francisco Daniels Rojas, président de l’association Pablo Neruda Siglo XXI que « le Ch’ni » avait déjà rencontré l’année dernière (ici et là), l’initiative est « essentiellement antifasciste ». Lui-même étant un ancien réfugié de la dictature d’Augusto Pinochet, il a voulu permettre des temps de dialogue et d’échanges artistiques et intellectuels entre la France et l’Amérique latine autour de valeurs telles que la solidarité, la mémoire et la justice.
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D’où vient Winnipeg ?
Au « CLA », Nanda Yasoda continue de prodiguer ses conseils à ses apprenti·e·s en s’appuyant sur sa propre expérience. La céramiste n’a pas été choisie au hasard. En effet, spécialisée dans l’art de la mosaïque, elle explore régulièrement les thèmes de la mémoire, du territoire et du paysage, ainsi que les pratiques artistiques en lien avec les actes de résistance et de lutte contre l’oubli. Elle intervient surtout auprès des populations indigènes et reculées du Chili. Pour elle, les ateliers proposés à Besançon ont une valeur sociale importante : « Dans ces ateliers, nous pouvons réfléchir sur de nombreux sujets, mais essentiellement sur la vie et le fait d’habiter l’ici et maintenant […] il est nécessaire de soutenir des processus comme celui-ci car on peut dire que c’est un acte démocratique. ».
Une initiative qui donne tout son sens au projet Winnipeg, dont le nom est inspiré d’un navire affrété par le poète chilien Pablo Neruda en 1939. L’objectif de Neruda consistait alors à emmener deux mille cinq cents réfugié·e·s espagnol·e·s, républicain·e·s, anarchistes ou communistes, souhaitant échapper à l’Espagne franquiste à la suite de la victoire du camp nationaliste, en direction du Chili. Le Winnipeg a ensuite été surnommé « le bateau de l’espoir ». La festival bisontin reviendra en octobre prochain pour une exposition, une série de conférences, un gala et une remise de prix.
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Illustration d’en-tête : l’artiste chilienne Nanda Yasoda en train d’animer un atelier de céramiques au « CLA » à Besançon, le 9 juillet 2026
