Un « acte II » appelé ce samedi à Besançon

C’est un message bref et anonyme qui tourne sur les réseaux sociaux depuis déjà quelques heures. Dans le sillage de la plateforme « 17octobregiletjaune.net », des militant·e·s local·e·s rallié·e·s derrière la bannière « besak en luttes » appellent à un « acte II » ce samedi 24 octobre à Besançon, à 14h00 place de la Révolution. « Continuons le combat » est-il indiqué dans le visuel devenu viral, plaçant ainsi l’évènement comme la suite explicite du 17 octobre, où 10 à 15 000 participant·e·s ont été mobilisé·e·s dans la capitale comtoise. Après cette démonstration de force populaire consécutive à plusieurs semaines de révoltes lycéennes/étudiantes, la détermination n’est pas retombée, comme nous avons pu le constater hier soir avec la perturbation d’un meeting pro-Ludovic Fagaut.

Si bien des collectifs, syndicats ou politiques ont d’hors-et-déjà relayé cette date, là encore aucune déclaration officielle n’est apparemment prévue. Complètement dépassées sur le terrain durant le week-end, les autorités anticipent désormais une « journée potentiellement difficile », comme le confiera un agent croisé ce lundi devant l’hôtel de ville. Habituées à dégainer les arrêtés d’interdiction plus vite que leurs ombres, difficile de dire si la préfecture et la municipalité se risqueront à cette mesure, tant certains précédents ont été contre-productifs… Comme les 30 mars et 30 juin 2023, où des cortèges sauvages se sont d’autant plus déployés en riposte, ces mobilisations s’inscrivant immédiatement dans une logique de confrontation, faute d’autres perspectives.

La doctrine est certes depuis tombée en désuétude, mais l’absence de réponses de fond, les manœuvres contre « la France Insoumise » et la surenchère sécuritaire, perceptibles à travers les discours d’Emmanuel Macron et de Laurent Nuñez, dessinent un pouvoir prêt à tout pour juguler cette nouvelle crise, sans concession. Alors que le maire se prend aussi pour un législateur en exigeant « que soit systématiquement sanctionnée toute personne participant à une manifestation non déclarée », soulignons toutefois que seule la « participation à une manifestation interdite » est passible d’une amende de 135€. Malgré la répression policière/judiciaire et le récit médiatique, le mouvement pourrait donc bien se pérenniser, à l’instar des « Gilets jaunes », dont il s’inspire.
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Mise à jour du mercredi 21 octobre à 13h00.
Par communiqué, une intersyndicale « CGT éduc’ation », « Force Ouvrière », « Fédération Syndicale Unitaire » et « Solidaires » invite la population à soutenir cette nouvelle mobilisation. Laquelle continue de se construire avec les forces militantes et citoyennes, entre lycéen·ne·s/étudiant·e·s qui multiplient les assemblées générales, « garderie autogérée bisontine » qui renouvelle son groupe d’entraide ou encore propositions spontanées d’habitant·e·s qui annoncent mettre leur logement à disposition notamment pour faire face à la répression. Dans la vieille-ville bien des commerces et administrations envisagent de baisser le rideau, des évènements étant d’ores-et déjà annulés comme un concert prévu au « Titty Twister ».

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Toufik-de-Planoise
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Illustration d’en-tête : Besançon, manifestation du 17 octobre. Aperçu du cortège sauvage empruntant le tunnel sous la citadelle, un participant agitant un drapeau de la république française – Crédit Toufik-de-Planoise.