La revue de presse du 1er au 30 avril 2026

Actualité, événement, politique, fait-divers, controverse… Que s’est-il passé de notable le mois passé à Besançon et dans la région ? À travers cette petite revue de presse mensuelle, le Ch’ni synthétise les principales informations parues ici et là. Une somme d’informations que nous n’avons pu ou voulu traiter, mais qui mérite d’être connue !

1 avril · À travers toute la France, des centaines d’avocat·es sont en grève pour protester contre le projet de loi sur la justice criminelle voulu par Gérald Darmanin. À Besançon et dans d’autres villes de la région, les robes noires se sont mobilisées. Elles dénoncent notamment le fait que cette loi instaurerait le principe de « plaider-coupable » pour les crimes, que les cours criminelles départementales seraient sollicitées pour les procès en appel, qu’il n’y aurait donc pas de jurés en seconde instance, et que le délais pour signaler des vices de procédure serait emmenés à cinq jours ouvrables avant l’audience. Aujourd’hui, il est possible pour les avocats de les signaler le jour même de l’ouverture du procès. Alors que le texte arrivait en lecture au Sénat le 13 avril, les avocat·es se sont mobilisées pour un journée « justice morte ».

2 avril · Une augmentation votée au Conseil régional vient d’entrer en application ce 1er avril. Les prix des billets des trains régionaux ont été augmentés en moyenne de près de 4 %. En fonction des secteurs et des distances parcourues, ces augmentations représentent entre 1 et 2 euros de plus par trajet. Quand Michel Neugnot, en charge de la mobilité et des transports à la Région, dit que « le train n’est pas cher en Bourgogne Franche-Comté », la Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports (« FNAUT ») dit que « le nombre de trains n’augmente pas et que l’offre se dégrade ».

2 avril · Le CHU Jean Minjoz à Besançon a été condamné à verser près de 25 000 euros à la famille d’une dame décédée en 2021 à 85 ans à la suite d’un retard de prise en charge et d’une mauvaise appréciation par le médecin régulateur du 15 de l’état de santé de la victime qui, à l’époque et au regard des éléments qui lui étaient transmis au téléphone, avait choisi d’envoyer en premier lieu une ambulance privée et non un « SMUR » (Service Médical d’Urgence et de Réanimation). À l’hôpital Nord Franche-Comté, sur les 400 000 passages en 2025, 189 plaintes et réclamations ont été déposées. Sur toutes celle-ci, 27 seraient potentiellement des erreurs ou retards de diagnostic.

2 avril · Un homme d’une vingtaine d’années a été reconnu coupable, par la cour criminelle du Doubs, de deux viols et quatre agressions sexuelles commis en 2023 à Besançon. Il a été condamné à treize ans de réclusion criminelle.

4 avril · Après l’épizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) qui a touché de nombreux bovins dans l’est et le sud-ouest de la France et avec le retour des bêtes dans les pâtures, les éleveur·ses du Jura et du Doubs sont concerné·es par un nouvel arrêté visant à renseigner et contrôler les déplacements des animaux afin mieux les tracer.

6 avril · Le préfet de Haute-Saône a été épinglé par le tribunal administratif de Besançon pour des faits remontant à 2012. Ceux-ci concerneraient l’octroi d’autorisations à un agriculteur pour la conversion de prairies en exploitation céréalière, alors que des espèces protégées y vivaient.

8 avril · Un pas a été franchi à Métabief : le restant de neige de la saison va être conservé tout l’été sous une bâche isolante pour le début de la prochaine saison. Quand la neige vient de plus en plus à manquer dans les stations de moyenne altitude, toutes les solutions se tentent pour maintenir un loisir lucratif qui pourrait bien être amené à disparaitre.



9 avril · Celui qui dirigeait le cinéma Mégarama de Besançon a été visé par deux plaintes, une de la direction et une autre d’un employé, pour « abus de confiance ». Il a reconnu dans le cadre de l’enquête avoir utilisé plus de 11 000 euros en numéraire du cinéma et 6 000 d’un collègue pour acheter de la cocaïne. Il comparaitra le 5 novembre 2026 en comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (« CRPC »).

9 avril · Alors que les stars Sting et Gims sont attendues à la Saline Royale d’Arc-et-Senans les 25 et 26 juillet prochains, la direction de l’Établissement public de coopération culturelle (« EPCC ») cherche des bénévoles à tout-va. Premièrement pour déplacer le crapaud calamite, espèce protégée, de son environnement naturel qui deviendra un parking le temps de l’évènement, mais aussi pour contribuer à ce « projet d’intérêt général » et ainsi « participer activement à la réussite d’un événement culturel majeur au sein d’un site patrimonial d’exception », peut-on lire dans la « Charte du bénévole » éditée à l’occasion de cet événement.

9 avril · Paul Mourier, qui occupait les postes de préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté et de préfet de Côte d’Or, a été remplacé par une très proche d’Emmanuel Macron, son ex conseillère intérieur, sécurité à la présidence de la République, Violaine Démaret.

10 avril · Après 60 ans d’existence, la « Maison du Livre et de la Presse » située au 58 Grande Rue va fermer ses portes, au regard notamment de la hausse des charges.

11 avril · Comme tous les ans, à l’occasion de la journée mondiale de la maladie de Parkinson, des initiatives sont organisées pour sensibiliser et informer sur cette maladie neurodégénérative qui affecte les cellules du cerveau produisant la dopamine.

14 avril · Dans un récent rapport, la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté (« CGLPL ») et son équipe ont dressé un rapport de visite de la maison d’arrêt de Besançon. Au travers de ses 125 pages, on y découvre ce qu’il se cache à l’intérieur de ces épais murs. Le management du directeur est mis en cause et ne laisse « a priori que peu de place au dialogue et créant une souffrance au travail de nature à générer des arrêts maladie », le taux d’occupation est évalué à 138%, les cours de promenades sont « lugubres et indignes », l’offre de la cantine est « insuffisante », « les activités socioculturelles ne sont pas suffisamment développées, l’absence de lieux dédiés aggrave la situation », l’état de vétusté du bâtiment est relevé à de nombreuses reprises… Au niveau national, un appel à la grève avait été lance par l’Ufap-Unsa Justice pour bloquer les centres pénitentiaires et demander plus de moyens. Par ailleurs, un détenus de 25 ans s’est pendu, quatre jours après son incarcération.

18 avril · Alors que les nominations des lieutenants de louveterie ont été faites pour la période 2026-2029 et que les recrues s’entrainent à utiliser le nouveau matériel pour assurer des « tirs de défense » en cas d’attaque de loup sur des troupeaux, des dizaines d’organisations de protection de la nature dénoncent la volonté de la Commission Européenne d’assouplir encore les protections dont fait l’objet le loup. Elles dénoncent des décisions « déconnectées de la science ». L’Association pour la protection des animaux sauvages (« ASPAS ») dit vouloir se « lancer dans une nouvelle offensive juridique » face aux nouvelles règles qui s’appliquent depuis le 1er avril.

20 avril · Un éducatrice de 41 ans de l’Institut médico-social de Montfort (Doubs) a été mise en garde après avoir été soupçonnée d’avoir entretenu une liaison intime avec un jeune homme de 15 ans souffrant des troubles cognitifs et d’une déficience intellectuelle. La famille aurait porté plainte à la suite de la découverte de contenus explicites dans le téléphone du jeune. L’éducatrice serait poursuivie pour « corruption de mineurs sur enfant vulnérable ».

21 avril · Un détachement de Compagnies républicaines de sécurité (« CRS ») d’une trentaine d’hommes a été déployé à Planoise pour mener notamment des opérations « anti-squat » à la suite d’« incendies volontaires » et d’une augmentation des « faits de violences urbaines » a dit le directeur interdépartemental de la police nationale (« DIPN ») du Doubs.

24 avril · À Saint-Vit, début mars 2023, Djemila Doudou, travailleuse chez Planète pain, est gravement blessée par une machine. Elle succombe de ses blessures après quinze jours d’hospitalisation. Le procès de l’entreprise s’est tenu trois ans après le drame et elle a été condamnée pour « homicide involontaire par la violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence » et devra verser à la famille de la victime 120 000 euros pour préjudice d’affection et frais de procédure, sauf en cas d’appel.
La veille de ce délibéré, un homme trouvait la mort à Seloncourt (Doubs), alors qu’il effectuait le déplacement de blocs de béton de 1300 kg. Aussi, dans l’entreprise Form’Plast à Chantrans (Doubs), un jeune a vu son bras se faire écraser sous une presse. Mathieu Lépine et le journal L’Humanité se mobilisent pour recenser tous ces accidents mortels et le « Collectif familles stop à la mort au travail » se mobilise pour aider les familles dans leur deuil et leurs démarches.

24 avril · Tous les ans au mois d’avril, la population de chamois est estimée par la Direction départementale des territoires (« DDT ») et les fédérations de chasse. Ces estimations, faites par comptabilisations visuelles réalisées lors de plusieurs sorties, sont présentées en commission départementale de la chasse et faune sauvage. Par la suite, c’est par arrêté préfectoral que le nombre de têtes à abattre est fixé. Pour la saison de chasse 2025-2026, ce chiffre était de 451 pour le Doubs, 312 avaient effectivement été tués.

25 avril · 40 ans après l’explosion d’un réacteur nucléaire a Tchernobyl et selon un chercheur au laboratoire Chrono-environnement de Besançon, la Franche-Comté et les régions de l’est de la France ont été les plus exposées aux retombées atmosphériques chargées en particules radioactives. Mais pour le chercheur, établir un lien entre telle ou telle pathologie, développée en Franche-Comté, et cette catastrophe est quasi impossible : « On est dans une zone où le niveau d’activité est tellement faible qu’on ne pourra jamais établir qu’une personne a développé une pathologie à cause de la radioactivité des essais nucléaires ou de Tchernobyl ».

25 avril · François Ruffin, qui a récemment officialisé à Lyon sa candidature à l’élection présidentielle, était à Vesoul (Haute-Saône) aux côtés des salarié·es de Stellantis, qui disent craindre des pertes d’emploi à la suite de l’annonce du transfert des lignes d’assemblage des moteurs vers le site de Poissy.

27 avril · Alors que sous Anne Vignot, la Ville de Besançon s’était saisie du sujet de l’écriture incluse et l’utilisait dans ses communiqués de presse, ses offres d’emploi et sur les réseaux sociaux, l’arrivée de Ludovic Fagaut a rebattu les cartes. Celle-ci a été supprimée des contenus diffusés par la mairie. Laurent Croizier, député Modem depuis 2022, aujourd’hui conseiller municipal et proche du nouveau maire, s’est toujours positionné contre cette écriture « post-binaire ».

Une affiche réalisée en écriture « post-binaire » lors d’une résidence de la collective « Bye Bye Binary » à La Fraternelle à Saint-Claude.

28 avril · Le 20 avril, le conseiller régional de Bourgogne-Franche-Comté et député Rassemblement National (« RN ») de l’Yonne, Julien Odoul, affirmait sur France Info que « l’islamophobie est légale dans notre pays ». Dans un article rédigé sur le sujet, le média « Histoires Crépues » reprend un extrait la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse qui explicite que « Ceux qui, par l’un des moyens énoncés à l’article 23, auront provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, seront punis d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende ou de l’une de ces deux peines seulement.»

29 avril · Après les réactions très critiques et unanimes des scientifiques concernant le choix de la nouvelle municipalité de Besançon de rééclairer de tous feux la Citadelle, au regard de l’impact que cet éclairage a sur la faune et la flore, le choix fait de fleurir la ville par des plantes et fleurs de consommation non vivaces provoque un nouveau tollé. Le budget de mise en œuvre du fleurissement aurait ainsi été multiplié par cinq pour atteindre 200 000 euros. L’association Alternatiba dénonce une « désespérante marche en arrière ».

Avertissement : la revue de presse s’effectue d’après des travaux publiés par d’autres médias, généralement des références locales établies. Néanmoins, certaines se basent de manière exclusive, préférentielle ou majoritaire sur des canaux policiers, judiciaires ou préfectoraux. Ainsi, nous sollicitons la vigilance des internautes, considérant que ces sources seules ne sont en rien une garantie absolue de véracité.