Aux « Mardis Des Rives », Fagaut se noie sous les huées

Ce mardi 25 août avaient lieu les concerts de clôture de la treizième édition des « Mardis Des Rives », à l’endroit où se tenait l’ancienne Rhodiacéta, aux Près-de-Vaux. L’occasion de profiter des prestations gratuites de Valérie Ékoumé et sa troupe et de The Buttshakers, de la fraîcheur de la soirée avec de quoi boire et manger, des associations bisontines venues présenter leurs activités pour la saison 2026-2027 et… De voir Ludovic Fagaut monter sur scène et se faire huer par le public.
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Une soirée pleine de symboles et d’engagement

Les concerts des « Mardis Des Rives » sont devenus au fil des années des rendez-vous qui viennent rythmer l’été le long du Doubs. D’Osselle à Besançon, cette année, en passant par Avanne, Deluz, Roche-lez-Beaupré, Busy et Montferrand-le-Château, ce sont sept soirées musicales aux styles et aux origines variés qui ont été proposées gratuitement aux habitant·e·s. Une programmation multiculturelle dont la conclusion se faisait sur les lieux de l’ancienne usine Rhodiacéta, connue pour son importance dans l’histoire ouvrière bisontine et ses mouvements sociaux.

Un héritage symbolique fort qui n’a pas échappé aux deux chanteuses présentes ce soir et qui n’ont eu de cesse de dispenser des messages de paix et d’espoir pendant leurs concerts. « Merci à vous d’être là, de soutenir la culture […] Ne laissons pas ça à Jeff Bezos ou Elon Musk de merde, la culture c’est nous, c’est vous, c’est l’art, n’arrêtez jamais de rêver » déclarait la chanteuse étasunienne de The Buttshakers entre les titres « Better days » et « Dream On ». Un engagement fort qu’elle explique par la montée du fascisme partout dans le monde.

De l’autre côté du Doubs, sur la rive opposée au concert, se déployait aussi, en début de soirée, une large banderole affichant les inscriptions « Suicide pompier = SDIS coupable », impossible à rater pour les personnes présentes. Une action menée par un militant bisontin depuis plusieurs années pour faire reconnaître sa situation et dénoncer le suicide d’anciens collègues pompiers pour des situations similaires et qui visait ce jour à interpeller Ludovic Fagaut, sourd à ses sollicitations jusque là. Une accumulation non négligeable de revendications, donc, pour cette même soirée.
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La banderole déployée sur la rive opposée du concert (en haut) ; Aperçu du concert de The Buttshakers avec les restes de l’usine Rhodiacéta en fond (en bas) – Crédit : Nadwo.

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« Le capitaine et ses matelots étaient-ils des enfants d’salauds ? »

À l’entracte, alors que la banderole avait été retirée par les forces de l’ordre et que les techniciens s’afféraient à préparer la scène pour le prochain concert, Ludovic Fagaut a profité du moment pour fendre la foule et rejoindre les backstages, accompagné notamment d’Anne-Rachel Schertz, adjointe à la culture de Besançon, Jean-Pascal Reyes, adjoint à la sécurité de Besançon et Frank Monneur, délégué aux musiques actuelles et pratiques culturelles à Besançon et vice-président en charge de la culture de Grand Besançon Métropole.

Une traversée regardée du coin de l’œil par les personnes présentes, jusqu’à ce que l’édile monte à la barre pour prendre la parole avec ses deux moussaillons concernés par les affaires culturelles. Sous les huées du public et malgré ses tentatives pour hausser la voix, il peinera à se faire entendre et écourtera son intervention, sans donner la parole aux autres élu·e·s. Interrogées, certaines personnes à l’origine de ces huées s’expliquent : « Dans cet évènement il y a tout ce qui s’oppose à ses idées, le côté multiculturel, populaire, la gratuité… Il n’a vraiment aucune honte à monter sur scène ».

Présent·e·s dans la foules, des intermittent·e·s venu·e·s profiter de la soirée après un été chargé en festivals, réagissent aussi : « ça me dégoûte, après tout ce qu’il a fait pour défoncer la culture au département, le voir se pavaner ici, passer en coulisses, je le redis, ça me dégoûte ». Aucun mot de remerciements ne sera d’ailleurs fait à l’ensemble des acteurs et actrices ayant permis aux « Mardis des rives » de fonctionner et le maire abandonnera le navire juste après cet incident sur scène, rapidement effacé par la reprise du concert et la chanson « Not in my name », de quoi en faire sourire plus d’un.


Ludovic Fagaut accompagné de Frank Monneur et Anne-Rachel Schertz sur scène, hué·e·s par le public – Crédit : Nadwo.

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Au final, la soirée aura tout de même été un bon moment de musique, familial et populaire, que ce soit l’Afropop de Valérie Ékoumé et la « danse des éléphants » proposée par ses musiciens ou la musique Soul de The Buttshakers, le public aura chanté et dansé dans un moment collectif de fête. À l’exception peut-être de Yona Faedda, porte-parole du « Collectif Némésis », qui n’avait visiblement pas regardé la programmation et dont certaines grimaces semblaient témoigner d’un manque d’entrain pour les chansons en anglais et en différentes langues du Cameroun.

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Nadwo
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Illustration d’en-tête : Ludovic Fagaut quittant la scène avec ses équipes alors que le public se concentre sur la reprise du concert – Nadwo.