Chez « Ludo Ier », une vision singulière de l’information locale
Édito. Difficile de savoir s’il s’agit d’un trait inhérent à sa personnalité ou de sa rencontre avec « Louis XX », mais le maire de Besançon semble gagné par l’absolutisme. Ces dernières semaines, l’intéressé et sa cour enchaînent ainsi les mesures de rétorsion visant toute opinion qui pourrait ternir le régime de « Ludo Ier ». « Le Ch’ni » est particulièrement visé, entre exclusion des communiqués, raids de ses partisans et blocage sur les réseaux sociaux. Une frénésie, qui s’est dernièrement étendue à la société civile et à « l’Est Républicain ». D’ici à ce qu’un arrêté impose l’usage de « sa splendeur » ou de « sa seigneurie », notre analyse.
.
Une amnésie collective ?
Quand notre correspondant était expulsé d’un meeting de Ludovic Fagaut le 4 novembre dernier, il n’y avait bien que « Hebdo 25 » pour évoquer l’incident. Le candidat a pu en effet compter sur un silence complet de « l’Est Républicain », dont deux représentants étaient pourtant spectateurs de la scène. Après ses fraiches condamnations pénales et civiles, le canard préférera ainsi le militantisme à l’information. Il n’en reste pas moins une atteinte aux libertés les plus fondamentales, condamnée par le syndicat « SNJ-CGT » et la « plateforme pour la sécurité des journalistes ». Censure ciblée, dérapage isolé ou logique claire, le dernier conseil municipal en a donné la réponse.
Mécontent que « l’Est Républicain » – filiale du « Crédit Mutuel » – rapporte la « coupure » du micro d’Anne Vignot, Ludovic Fagaut n’a pas hésité à régler ses comptes via « Facebook ». Provoquant cette fois, chez les notables, un certain émoi, la foudre ne se limitant plus à frapper la presse alternative et irritante. Mais pas d’inquiétudes pour nos « confrères » et « consœurs » qui vont vite se rabibocher avec les pontes de la mairie, les un·e·s et les autres étant si inter-dépendant·e·s que leurs intérêts communs surpasseront toujours les différends de circonstance. Pour une poignée de titres en revanche, la galère est infiniment plus conséquente et solitaire.
.

.
« Le Ch’ni » écarté des communiqués
Exemple frappant de cette politique d’excommunication, « le Ch’ni » est interdit de communiqués de presse, d’invitations officielles et d’échanges contradictoires. Le couac remonte aux 28 et 29 mai dernier, quand le service compétent sollicite par erreur notre rédaction pour une entrevue relative à l’arrêté anti-mendicité. La boulette finalement repérée, notre interlocutrice renvoie un courrier électronique dans la foulée : « Désolée, l’envoi de cette invitation concernant la conférence de presse de demain résulte d’une erreur de ma part. Merci de ne pas en tenir compte ». Questionnée sur la nature exacte motivant cette « volte-face », ses explications seront assez embrouillées.
Celle-ci nous expliquant alors que, compte-tendu d’une prétendue absence de reconnaissance par la « CCIJP », il n’est pas possible, selon elle, de nous considérer comme journalistes de plein droit, étant ainsi catégorisés en « contacts nationaux de tous types » et exclus d’une « liste dédiée ». Pas de chance, outre une flopée de cartes « FIJ » tout fait valides et reconnues, une de nos membres dispose bien du fameux sésame. Mais malgré l’indication de cet élément, plus aucun échange n’interviendra par la suite. Dans le même temps, plusieurs contacts nous confirment bien recevoir cette communication de la ville de Besançon, bien que n’ayant jamais possédé la carte de presse française.
.

.
Une charrette de blocages
Autre tendance significative, les raids régulièrement organisés par les partisan·e·s de Ludovic Fagaut sur les réseaux sociaux… Accusations ad personam, mots injurieux, jusqu’aux propos racistes, s’exaltent massivement, parfois avec le soutien de baron·ne·s, comme la conseillère Emmanuelle Meunier, rappelée à l’ordre par nos soins dans un message du 24 août dernier : « […] vous avez « liké » un commentaire s’en prenant personnellement à moi, mettant notamment en cause je cite ‘[m]a déontologie journalistique (si journalisme il y a)’ […] particip[ant] à des attaques personnelles confinant au harcèlement de groupe pour essayer de faire taire celles et ceux qui dérangent… […] ».
Un comportement délétère qui se poursuit sur « Facebook ». Car bien des internautes se plaignent que le profil de Ludovic Fagaut les ait « bloqué·e·s », les empêchant ainsi d’avoir accès au contenu qui y est publié. Là où les choses deviennent épineuses, c’est quand les pages administratives, comme celle de la Mairie, partagent un contenu venant de cette source, écartant ainsi des dizaines de bisontin·e·s. Dans cette charrette des banni·e·s, on retrouve aussi « le Ch’ni », malgré le fait qu’aucune interaction négative (mention j’aime, commentaires, réactions diverses) ne puisse lui être reproché. En six mois de règne, « Ludo Ier » apparaît toujours plus imbu de son pouvoir et de son image.
.
À « gauche », quelques larmes bien étudiées
Comptant sur « l’Est Républicain » pour assurer sa promotion, la sociale-démocratie est immédiatement venue au secours de ses publicitaires. Anthony Poulin, chef de file écologiste au conseil municipal, étant le plus grandiloquent, affirmant notamment sur « Facebook » que « les journalistes ne sont pas des communicants au service des politiques : ils sont des passeurs d’informations, au service des citoyennes et des citoyens ». Un sermon convenu, mais qui tranche surtout avec la sélectivité de l’élu, lequel ne cache pas sa haine parallèle des indépendant·e·s, quand ils ont l’audace d’enquêter sur les arrières-boutiques de son parti.
Lorsqu’il ne mène pas lui-même des campagnes particulièrement brutales de dénigrement contre « le Ch’ni », Anthony Poulin n’a ainsi jamais rien trouvé à redire aux dérives ostensibles et documentées de ses camarades les plus proches contre la presse alternative… À l’instar de Gérard Mamet, malgré ses assertions aux relents complotistes et antisémites, les membres du « collectif Palestine », pourtant avides de menaces de mort visant les voix jugées trop dissidentes, Cécile Prud’homme, éjectant un correspondant d’une boucle « Whats’app » en représailles d’un article, ou encore Nathan Sourisseau, qualifiant un titre de « torchon ».
Ententes avec l’extrême droite, campagne électorale hors-sol, étouffement des affaires de violences sexistes et sexuelles, autant de réalités que « le Ch’ni » a décidé de traiter là où toutes les autres références comtoises ont préféré se taire. Un refus des arrangements et connivences, qu’Anthony Poulin et ses comparses tentent de nous faire payer en recourant aux entraves, calomnies et harcèlement. Si aujourd’hui ielles feignent opportunément d’être les opposé·e·s de Ludovic Fagaut quant à leur rapport à la critique, bien des responsables de l’ex-majorité s’avèrent donc son plus parfait reflet et d’authentiques ennemis du journalisme.
.
Toufik-de-Planoise
.
Illustration d’en-tête : Ludovic Fagaut prenant la pose, le 28 mars dernier – Crédit : Capture d’écran/page « Facebook » de Ludovic Fagaut.
