Le récap’ du mois d’octobre 2026
Chaque dernier ou premier jour du mois, « le Ch’ni » vous propose un récapitulatif de son meilleur cru, quelques articles ainsi qu’un dessin presse. Reportages, enquêtes, brèves, une sélection de ce qui est passé sur cette période et que vous avez peut-être raté…
« Face aux lycéen·ne·s de Besançon, la carotte ou le tonfa ». C’est une révolte comme il n’y en a pas eu depuis bien longtemps qui anime le pays depuis près d’un mois et demi. À Besançon et ailleurs en Franche-Comté, celle-ci débuta tôt devant les lycées le 29 septembre, puis de manière plus classique l’après-midi dans le cadre d’un appel à manifester lancé par l’intersyndicale. Mais la journée du 1er octobre marqua un tournant. Si le gouvernement tenta de clamer les ardeurs de toute une génération qui s’inquiète pour son avenir en lançant une « plateforme de concertation », les jeunes qui ont battu le pavé ont fait face à la répression d’une police peu avare en projectiles et commentaires.
« La police entre illégalement dans la fac, syndicats et direction s’indignent ». Vendredi 2 octobre, la mobilisation lycéenne et étudiante s’est massivement poursuivie et en milieu d’après-midi, toute une cohorte de forces de l’ordre a pénétré au sein de l’UFR-SLHS, rue Mégevand. Si l’un des six informes a affirmé à l’une des personnes filmant la scène avoir eu l’autorisation du doyen de l’université pour entrer dans les lieux, la cabinet d’Hugues Daussy a répondu à une intersyndicale inquiète de cette incursion policière en infirmant avoir demandé cette intervention. Le préfet, après avoir été contacté par la direction de l’Université Marie et Louis Pasteur, parle d’une « introduction malencontreuse », mais une vidéo de ses subordonnés met à mal cette défense. Cet événement fera date. Le 6 octobre sur le site de Canot, des uniformes firent à nouveau leur apparition.
« Au « Rassemblement National » de Franche-Comté, il faut sauver le soldat Jordan Bardella ». Notre édito du dimanche. Mediapart, dans une enquête « chirurgicale » comme le dit le co-responsable du pôle enquête du journal Fabrice Arfi, a relevé que Jordan Badella, qui vient d’être réélu à la tête du parti à avec 98,98 % des voix, a multiplié les messages antisémites entre 2013 et 2015. Face à ces révélations choc, mais pas vraiment surprenantes pour un parti fondé par des membres de la Waffen-SS, les disciples locaux de Marine le Pen font bloc.
« Le photoreportage du mois : la mobilisation lycéenne vue des réseaux ». Téléphone collé à la main, la Gen-Z se rebelle et partage tout sur la toile. Les images filmées nous plongent au cœur de la mobilisation. Une immersion singulière qui, avant l’arrivée des réseaux sociaux, n’aurait pas existé. Entre joie, colère et lacrymo, c’est toute une génération qui sera à jamais marquée par tous ces jours à battre le pavé.
« Journée nationale de mobilisation, le mouvement lycéen continue ». C’était une date de mobilisation nationale attendue par toutes celles et ceux qui suivent le mouvement social. À l’appel de syndicats, plus de 4 000 personnes se sont retrouvées le 6 octobre pour exprimer leur colère et leur soutien au mouvement lycéen et étudiant. Malgré aucun affrontement mais quelques arrestations, le maintien de l’ordre fut chaotique, et certains adultes qui avaient pointé leur nez, parfois sous bannière syndicale, ont tenté le dialogue avec les autorités, comme Anne Vignot. Une prise de position pas très bien vue par une partie de la masse.
« MJC Clairs-Soleils menacée de fermeture : un mélodrame évitable ? ». Depuis quelques mois, la MJC du quartier des Clairs-Soleils est dans le viseur de la nouvelle majorité municipale, qui bloque le versement de fonds que la structure touchait jusque là. La gestion de la structure est-elle en cause ? En partie. Quoi qu’il en est, plusieurs postes sont en sursis et des centaines d’habitant·e·s voient leur offre d’activité se réduire comme peau de chagrin.
« Quelle vision du mouvement lycéen chez la majorité municipale ? ». La nouvelle municipalité, avec à sa tête Ludovic Fagaut, voit de « l’extrême gauche » partout, préfère croire que la mobilisation est apolitique, et dit que la jeunesse serait instrumentalisée. Autour d’un faux communiqué de la ville relayé sur les réseaux, la municipalité se perd dans ses démonstrations et peine à convaincre.
« « Ce n’est pas l’ultragauche qui fait que ça pète, mais dix ans de Macron » : Le 17 octobre à Besançon, chronique d’un soulèvement populaire ». La date était inscrite au calendrier depuis la fin de l’été, mais la révolte lycéenne lui donna une autre tournure, si bien que les autorités furent submergés par une colère populaire. Mais qui aurait pu prédire ? Après 10 ans de macronisme, le 17 octobre marquera un tournant. Un long récit d’une journée à part entière.
« È lai revoyotte ! ». La dernière comtoiserie de Billy. Après trente comtoiseries, celui qui vous a fait découvrir la Franche-Comté au travers de deux langues qui se perdent, le franc-comtois et l’arpitan, vous dit : « Bouna lectura… Dâli, mes poûeres boènnes dgens de B’sançon èt d’âtres yues, è lai revoiyotte ! ». Merci à lui pour cette épopée qu’il a tenue pendant plus de deux ans et de laquelle est né un livre !
« Avec l’acte II, le mouvement pourrait s’ancrer dans la durée à Besançon ». Une semaine après la mobilisation historique du 17 octobre et son flop sécuritaire, Besançon n’a pas fait exception à la mise sous cloche des centre-villes, à l’occasion de ce qui était présenté comme l’acte II. Plusieurs milliers de personnes ont répondu à nouveau à l’appel de la rue ; face à des forces de l’ordre sur le qui-vive, les contestataires ont à nouveau démontré leur obstination à ne rien lâcher, même face aux gaz.
« À Besançon, 500 personnes observent une minute de silence contre le racisme et l’islamophobie ». En hommage à Pengo Bossio Wangi, mort après avoir reçu des balles d’un homme qui voulait s’en prendre à des « Noirs et Arabes » pour « venger les commerçants », un rassemblement nocturne a été organisé lundi 26 octobre et a réuni près de 500 personnes. Plus tôt dans la journée, une partie de la majorité municipale s’est rassemblée en petit comité, sans en avertir la population suffisamment en avance. Les critiques ont fusé, alors que la concorde nationale était attendue après cet acte raciste d’une ampleur inédite.
« Certain·e·s commerçant·e·s s’associent aux sphères néofascistes et patrouillent armé·e·s lors des manifestations à Besançon ». Si à Besançon, il n’a pas été constaté d’accointance entre forces de l’ordre et milices d’extrême droite, contrairement à Nice, Nancy, Montpellier ou Rouen, il n’en est pas moins que des groupes s’organisent et s’arment dans la capitale comtoise, en accord avec certain·e·s commerçant·e·s. Une organisation qui recrute sur le net et qui pourrait sortir du bois par des actions violentes lors des prochaines mobilisations.
Le « coup de crayon » sélectionné ce mois-ci fait le lien entre l’attribution du prix Nobel de chimie à Henri Kagan, conjointement avec le professeur japonais Kenso Soai, pour leurs découvertes sur les effets non linéaires et l’autocatalyse en synthèse organique asymétrique et le mouvement social en cours. Un cocktail explosif !

Illustration d’en-tête : Grande-rue, le 17 octobre 2026, des forces mobiles et pédestres sont visées par un tir de mortier d’artifice. Toufik-de-Planoise.
Antoine Mermet
